Comment voyager plus écolo dans les pays du Sud?

J’ai eu la chance de beaucoup voyager et vadrouiller à droite à gauche depuis mon enfance, grâce à des parents qui ont mis l’accent sur les voyages et une scolarité qui m’a permise de partir et même vivre à l’étranger. Jamais lors de ces voyages me suis-je pourtant demandée si ma manière de consommer était respectueuse de l’environnement. Non pas que j’étais insensible à ce sujet, mais tout simplement parce que je n’y avais jamais vraiment réfléchi.

Le fait de m’intéresser depuis quelques temps aux thématiques telles que le zéro déchet (enfin dans mon cas, c’est plutôt une réduction progressive !) m’a nécessairement confrontée à des questions d’ordre pratique au cours de mes derniers voyages. Existe-t-il des alternatives aux bouteilles en plastique dans les pays où l’eau n’est pas potable? Comment consommer moins d’électricité ? Comment économiser l’eau dans les zones où celle-ci est un luxe? etc.

Bien que je n’aie toujours pas de réponses exhaustives, le fait même de me poser ces questions m’a forcée à sortir de ma zone de confort pour repenser certaines habitudes jusqu’alors automatiques, et voyager de manière plus écolo, surtout dans les pays dits « en développement » (qu’est-ce que je peux détester ce terme). Voyager écolo dans les pays du Sud, surtout ceux victimes du tourisme de masse, m’apparaît encore plus important qu’ailleurs. Mais face à la perte de repaires occidentaux, cela peut vite sembler déroutant voire impossible.

Alors je vous propose de lister quelques gestes simples et faciles que j’ai adoptés au cours de mes derniers voyages au Sri Lanka et en Inde afin de voyager plus écolo, et qui me semblent généralisables à d’autres pays du Sud. Je vous invite par ailleurs à me faire part des vôtres afin de compléter cette liste non exhaustive. Car même si cet article ne vous apporte rien, vous pourriez, vous, lui apporter quelque chose ! Que vous soyez un.e pro du zéro déchet ou un.e écolo débutant.e, voyez cet article comme collaboratif ; j’aimerais le mettre à jour au fil des suggestions. 

Règle 1 : limiter sa consommation d’eau et d’électricité

Le choix du logement est crucial :

  • Optez pour des guesthouse, des chambres chez l’habitant, ou encore des petits hôtels indépendants qui ne remplaceront pas vos draps tous les jours, et qui par ailleurs vous permettront plus de contact avec les locaux.
  • Privilégiez des lieux dont la démarche de respect de l’environnement est clairement affichée. Le site Voy’Agir par exemple est une plateforme collaborative permettant de recenser les adresses responsables sous différents critères (même si pour l’instant, le site propose surtout des adresses en France).
  • Préférez des chambres sans air-conditionné. Dans de nombreux pays du Sud, on vous demandera « with or without AC? » Comprendre: avec ou sans air conditionné. Les chambres sans air conditionné sont généralement équipées d’un ventilateur au plafond qui fait tout à fait l’affaire dans la majorité des cas. Si toutefois vous utilisez l’air conditionné, ne le laissez pas allumé lorsque vous n’êtes pas dans la pièce, et éteignez-le avant de dormir, une fois la pièce rafraîchie. Le fait que la chambre avec AC passe presque au double du prix de la chambre sans est assez révélateur du luxe qu’il représente dans ces pays où la plupart des habitants vivent sans.
  • Dans les pays chauds, optez pour une chambre sans douche chaude, ce qui économisera l’électricité. L’eau chaude n’est d’ailleurs pas une option par défaut dans de nombreux hôtels, et il n’est pas rare que les chambres ne soient pas équipées d’un ballon d’eau chaude. Mais si vous êtes en bord de mer, est-ce vraiment important? 🙂
  • Justement, en parlant de douche, vous pouvez aussi vous doucher au seau tout court, méthode plus économe en eau que le pommeau de douche. Contrairement à la vision un brin sauvage à laquelle le mot « seau » fait penser, je trouve cela au contraire très pratique, agréable, et surtout économe en eau : en un seau, vous voilà tout.e. propre. Cette méthode est très répandue en Inde par exemple.
  • Dans de nombreux pays du Sud, il n’y a pas de papier toilette. A la place, vous vous rincez à l’eau (il y a souvent des douchettes), ce qui est, avouons-le, bien plus hygiénique. On imagine aisément la quantité de papier ainsi économisée à l’échelle de pays ou continents entiers. Pour les Occidentaux non habitués à cette pratique, cela pose un petit souci: celui de l’impossibilité de se sécher les fesses, et donc la désagréable sensation de sous-vêtements mouillés qui s’ensuit. Bon, c’est une habitude à prendre, ça sèche vite au contact des vêtements croyez moi. Mais si vous préférez quand même vous sécher, alors n’oubliez pas une chose importante: dans certains pays au système d’égouts peu performant, le papier a vite fait de boucher les toilettes. Vous êtes donc prié.e de faire usage de la corbeille prévue à cet effet. Par ailleurs, comme l’eau aura déjà fait le gros du travail, inutile d’utiliser la moitié du rouleau, quelques feuilles suffisent pour s’éponger hein!
  • Utilisez un chargeur solaire dans les régions ensoleillées, si vous en avez un.

    Crédit: igen.fr

On sera également particulièrement attentif sur les activités :

  • Par exemple, exit le golf ! En Thailande il faut l’équivalent de la consommation d’eau de 60 000 locaux pour arroser un terrain pendant un an![1] On remballe son club donc.

 

Règle 2 : limiter son empreinte carbone

  • Privilégiez les transports en commun comme le bus et le train plutôt que les taxis et les tuk-tuks, si bien sûr il n’y a pas de problème de sécurité dans le pays. C’est certes une évidence, mais j’en remets une couche, d’autant que voyager avec les locaux est une manière bien plus authentique de se familiariser avec la culture locale plutôt qu’à l’arrière d’une berline avec l’air conditionné à fond. Au Sri Lanka où j’ai voyagé récemment, les paysages des trains dans la région montagnarde du centre sont à eux-mêmes une attraction qu’il serait dommage de louper. Lors de ce voyage effectuée avec une amie, nous n’avons pas pris une seule fois le taxi et avons tout fait en bus et en train. La seule fois où nous avons pris une voiture était pour un safari où seules les jeeps étaient autorisées :/

La vue à côté de la porte, qui dit mieux?

  • Pour les courtes distances, si vos jambes fonctionnent bien, marchez ou prenez un vélo! Je me suis personnellement imposée la petite règle suivante: s’il ne pleut pas, que je ne suis pas chargée outre mesure et que l’endroit où je dois me rendre est à moins de 2km, j’y vais en marchant. Ce n’est pas une règle figée dans le marbre bien sûr, mais ça me permet de rester motivée en cas de flemmardise aïgue, une affection qui me prend régulièrement.
  • Privilégiez une alimentation végétale, meilleure pour les animaux et la planète, puisque l’industrie de la viande est responsable de 14,5% des gazs à effet de serre (GES). Un végétalien émet ainsi 2,5 fois moins de GES par son alimentation qu’un omnivore occidental. Nombreuses sont les cultures dont la cuisine repose sur une cuisine végétale riche et abondante (je vous renvoie à l’article que j’ai écrit sur le guide du vegan en Inde).

Il est pas beau ce thali végétalien?

 

Règle 3 : réduire sa consommation de plastique

1,5 millions d’animaux marins meurent chaque année à cause des déchets plastique. Si nous continuons à en produire autant, on estime qu’il y aura en 2050 plus de plastique que de poissons (en poids). Vous pouvez facilement réduire cette consommation en voyage, par des gestes simples:

  • Ayez toujours un sac en toile sur vous de manière à pouvoir refuser les sacs plastiques.
  • Embarquez votre gourde afin d’éviter d’acheter des bouteilles en plastique. A défaut, réutilisez la bouteille en plastique que vous venez d’acheter pour éviter d’en acheter d’autres, car une bouteille en plastique qui finit dans l’océan mettra entre 400 et 1000 ans à se dégrader. Chaque bouteille en moins compte!
  • Dans le cas particulier où l’eau n’est pas potable -ce qui, il faut bien l’avouer, est souvent le cas dans les pays du Sud- plusieurs solutions existent pour limiter la casse et ne pas finir avec 3 cadavres de bouteille plastique par jour :
    • Ouvrez l’œil pour trouver de l’eau filtrée, souvent disponible dans les hôtels ou les restaurants. Et là c’est jackpot les ami.es, foncez pour remplir toutes vos gourdes comme si vous vous apprêtiez à vivre un siège.
    • Faîtes bouillir l’eau : cela permet de tuer bactéries, parasites et virus éventuellement présents.
    • Utilisez des pastilles désinfectantes : je n’ai jamais testé mais cela existe. Il suffit de les diluer dans l’eau et laisser agir. Cependant, du dire de certain.es d’entre vous, ce n’est pas très bon pour la santé, aussi cette solution n’est pas à utiliser sur la durée, mais plutôt de manière exceptionnelle.
    • Investissez dans une bouteille filtrante: le système de filtration intégré au sein même de la bouteille potalise n’importe quelle eau; les bactéries, parasites et les virus sont éliminés instantanément.
    • A défaut d’une bouteille filtrante, il existe aussi des filtres à eau en forme de paille (par exemple LifeStraw), plus légers et accessibles financièrement.
    • Une personne a aussi conseillé le Steripen: il s’agit d’une technologie UV à plonger dans l’eau et qui tue bactéries, virus et parasites.
    • Rabattez-vous sur un jus de fruits frais pour assouvir votre soif: les noix de coco sont par exemple idéales (sans paille hein!)
    • Si vous devez tout de même acheter une bouteille d’eau, privilégiez les grands formats : 2 voir 5 litres, que vous pouvez réutiliser par la suite. Exit les petits formats de moins d’1.5L, c’est une catastrophe pour la planète.

Lors de mon dernier voyage, je n’avais ni pastilles ni bouteille filtrante, mais en appliquant les autres astuces, j’ai réussi à limiter ma consommation à 5 bouteilles d’eau sur 19 jours. C’est loin d’être excellent je vous l’accorde, mais cela a déjà divisé par 4 ma consommation. Objectif prochain voyage: 2 bouteilles.

  • Attablez-vous si vous le pouvez, car qui dit table dit a priori pas de vaisselle en plastique ni emballages à jeter. Et quand je dis attablez-vous, ça peut aussi être à l’échoppe du coin de la rue petit-budget-compatible.

  • Pour les petites faims, privilégiez les alternatives locales. Exit les paquets de chips dans des sachets plastiques. Dans de nombreux pays, on peut trouver des stands de rue ou vendeurs ambulants proposent de la streetfood locale ou des fruits, etc. Tous redoublent d’ingéniosité pour emballer leurs produits : papier journal, pages de livres, feuille de cours recyclée en cornet (vécu !), feuilles de bananier, etc. Ce n’est pas toujours sain, mais ce sera toujours mieux qu’un paquet de chips bien grasses.

Impossible de vous donner le nom de ce casse-croûte sri-lankais, mais notez cet emballage révolutionnaire :p

  • Utilisez des cosmétiques solides plutôt que les échantillons fournis par l’hôtel dont on consomme à peine le quart soyons honnêtes.
  • Utilisez un oriculi (un cure-oreilles écologique en bambou) plutôt que de cotons tiges à usage unique.
  • Demandez vos cocktails et autres boissons sans paille, sinon vous pouvez être certain.e que ça arrivera avec une voire deux pailles. Or les pailles sont le 5ème déchet le plus trouvé en 2014, et font beaucoup de tort aux animaux marins, comme en témoigne la vidéo ci-dessous. A la place, vous pouvez utiliser une paille en inox.

 

Les autres règles (oui, ceci est une rubrique fourre-tout assumée)

  • Utilisez du lait solaire. Au contraire de l’huile, il ne se dissout pas dans l’eau. Près des côtes, l’huile solaire forme un écran à la surface et ralentit la photosynthèse des végétaux sous-marins [2]. Privilégiez bien sûr les laits cruelty-free non testés sur les animaux.
  • Ne jetez pas les emballages par terre ! Alors certes, cette injonction fait penser à celle du maître ou de la maîtresse d’école quand vous étiez au primaire, mais c’est fou le nombre de personnes que j’ai vu jeter des papiers et emballages en tout genre dans la rue ou sur les rails depuis la fenêtre du train, que ce soit au Sri Lanka ou en Inde. Il s’agit principalement de locaux, qu’on ne doit donc surtout pas imiter en se disant que « bon ben puisque tout le monde le fait ». Non non, montrons l’exemple, même si cela veut dire se trimballer avec notre sachet vide pendant plusieurs heures avant de trouver une poubelle.

 

Je terminerais en soulignant qu’il me semble plus facile de voyager écolo quand on a un petit budget. Comme vous l’aurez sans doute remarqué, les options les plus abordables, notamment en terme d’hébergement, sont bien plus respectueuse de l’environnement que des hôtels grand luxe. Petit budget et voyage écolo sont donc non seulement pleinement compatibles mais font même vraiment la paire. Au Sri Lanka, notre budget était de 15 euros par personne par jour tout compris (logement, nourriture, transport et activités). Prendre une chambre sans air conditionné, le train plutôt que la voiture ou encore dormir dans des guesthouse plutôt que des chaînes d’hôtel étaient donc des choix évidents.

Que pensez vous de cette liste? Quels points appliquez vous déjà ou vous semblent au contraire difficile à mettre en place? Et surtout, comment la complèteriez-vous? 🙂

Comment voyager plus #écolo dans les pays du Sud avec quelques gestes simples. Click To Tweet

 

[1] selon l’association Echoway

[2] Le Routard

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10 Comments

  1. 1

    J’approuve totalement cette liste et ait appliqué pas mal des principes! J’aimerais trouver une LifeStraw ou équivalent plutôt qu’une bouteille filtrante, pour les randos c’est super et pas encombrant/lourd. Il doit être possible de la visser à une gourde je pense.
    En tous cas beau boulot, la liste est vraiment exhaustive, et vraiment agréable à lire 🙂

    • 2

      Merci Rory 🙂
      Je ne connaissais pas la LifeStraw, merci du tuyau, je vais le rajouter de ce pas à la liste !
      Perso je me dis qu’une bouteille filtrante ou une gourde ça prend grosso modo la même place, mais par contre c’est le prix qui peut dissuader. La LifeStraw semble plus accessible financièrement. N’hésite pas à me dire si tu penses à d’autres choses au fil de tes voyages 🙂

  2. 3

    Article interessant. Mais je trouve le terme pays du sud gênant. C’est quoi les pays du sud pour toi? On voit clairement que tu ne parles que de l’Inde ou la Thailande.

    Si c’est le sud géographique dont tu parles, l’Autralie, la Nouvelle Zeland sont par exemple bien plus au sud que l’Inde. Si c’est un sud économique ça voudrait que tu mets l’Afrique dans le même panier que l’Inde. Or économiquement ça n’a absolument rien à voir. Bref je ne vois pas qui sont les « pays du sud »…

    Mais sinon il y a de bonnes choses à prendre pour améliorer son impact sur l’environnement pour l’Inde ou la Thailande.

    • 4

      Hello Adrien,
      Je fais ici référence aux pays dits « en développement », mais comme je n’aime pas ce terme qui sous-entend qu’on est plus développé (ce qui certes du point de vue économique peut se défendre, mais selon moi pas sur d’autres plans), je préfère parler de pays du Sud qui me semble moins prétentieux. Mais effectivement, cela peut porter à confusion car je ne fais pas référence à l’Océanie.
      Je suis d’accord avec toi sur le fait qu’économiquement l’Inde et les pays d’Afrique ne sont pas sur un même pied d’égalité, mais je t’avoue que je ne comprends pas bien en quoi cela rendrait les points évoqués ci-dessus inapplicables hors de pays comme l’Inde et la Thaïlande? Selon moi (et ma petite expérience en Afrique de l’Ouest), les questions de transports, de l’eau potable ou encore de l’hébergement sont communes aux pays « en développement », quelque soit le niveau de développement dudit pays (mis à part les pays où la sécurité du voyageur l’empêcherait de prendre les transports en commun, comme noté dans l’article). As-tu de ton côté un autre retour d’expérience? Merci!

  3. 5

    Merci pour cet article, je le trouve vraiment très bien fourni ! Je ne connaissais pas les chargeurs solaires, tu as une marque en particulier à conseiller ? Et sinon, j’ajouterai aussi de privilégier les savons/shampoings solides, le savon de Marseille ( celui de Rampal Latour par exemple) peut être aussi utilisé pour faire sa lessive et éviter les cotons tiges car avec les pailles il s’agit aussi d’un déchet plastique que l’on retrouve beaucoup en mer, on peut soit utiliser un oriculi soit un spray auditif !

    • 6

      Merci Aurore! Pour le chargeur solaire, je n’ai pas particulièrement de marque à te conseiller car le mien ma été offert donc je n’avais pas fait de benchmark préalable. Normalement tu devrais pouvoir en trouver dans les magasins d’équipements sportifs. L’inconvénient étant qu’il prend un peu de place (comme une tablette), ce qui, si on voyage vraiment léger, peut-être dissuasif. Et oui effectivement pour les cosmétiques solides et l’oriculi, je vais rajouter! d’autant que je les utilise déjà au quotidien 🙂
      Bonne journée à toi,
      Aurélia

  4. 7

    Beaucoup de très bons conseils en effet, lu et approuvé !
    Pour l’eau, j’ai durant très longtemps utilisé un filtre. Ça faisait très bien l’affaire, et j’y voyais même l’avantage de ne pas devoir trouver de l’eau quand j’arrivais tard et assoiffé dans un coin paumé. Je suis maintenant passé au Steripen qui est encore plus pratique. Je trempe le Steripen une minute dans une bouteille d’un litre d’eau du robinet et le tour est joué, l’eau est potable. Le Steripen est une lampe UV qui tue tout organisme vivant dans l’eau.

  5. 9

    coucou ! cet article est excellent !
    je me permets, sans vouloir t’offenser, de jouer les psychorigides de la langue française et de signaler que « sceau » n’est pas la bonne orthographe, mais « seau » 😉 (je me permets ceci car en l’occurence, j’ai déjà pratiqué -par exemple lors de la restauration de la salle de bain de notre maison !- et c’est vrai qu’on peut sortir tout à fait aussi propre que d’une longue douche !!)

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