Mythe #6 : « la viande heureuse »

Cela faisait un moment que je n’avais pas écrit un article sur les idées reçues qu’on peut entendre à droite à gauche quand on milite pour la cause animale. Aujourd’hui, je vous propose de faire le point sur ce qu’on appelle la « viande heureuse », c’est-à-dire une viande qui serait produite sans souffrance. Derrière l’expression de « viande heureuse », il y a donc l’idée sous-jacente d’un animal ayant eu une belle vie, ayant été bien traité, puis ayant été abattu sans souffrance dans les règles de l’art.

 

1- Produire une viande sans souffrance, est-ce possible ?

Pour répondre à cette question, je vais considérer ici la souffrance selon deux critères : les conditions de vie et l’abattage.

 

Les conditions de vie

Les conditions de vie d’un animal d’élevage varient d’un élevage à un autre, on s’en serait douté.e. Prenons d’abord le cas des élevages industriels (ou élevages intensifs). Tous les élevages industriels ne sont pas identiques. Néanmoins, on peut identifier des points communs :

  • la concentration des animaux y est élevée (généralement dans des hangars sans accès à l’extérieur).
  • des mutilations y sont pratiquées (comme par exemple la castration à vif des porcelets, le débèquetage des poules, l’écornage des vaches, etc. Pour plus de détails, je vous renvoie vers l’article que j’avais écrit sur l’élevage industriel).
  • Les vaches et les veaux sont séparés précocement dans l’industrie du lait et les poussins mâles broyés ou gazés dans l’industrie de l’œuf.

Bref, si viande heureuse il y a, on imagine mal comment elle pourrait provenir de ce type d’élevage, qui produit pourtant la grande majorité de la viande qu’on achète.

 

Quid des élevages bio? Les conditions y sont globalement meilleures. Cependant, le bio ne suffit pas à assurer l’absence de souffrances. Les mutilations, la séparation des vaches et veaux et le gazage des poussins mâles sont pratiquées également dans les élevages bio. De plus, on trouve aussi des élevages intensifs dans le bio. Le nombre de poules pondeuses peut par exemple aller jusqu’à 3000 individus dans le même bâtiment[1]. La viande bio n’est donc pas synonyme de viande heureuse.

 

Reste « le petit producteur », celui chez qui tout le monde semble se fournir bien que ce soit mathématiquement impossible. Dans l’imaginaire collectif, celui-ci fait référence à un élevage traditionnel à taille humaine où l’éleveur.se se soucie réellement du bien-être de « ses » animaux (je n’irais pas jusqu’à dire qu’il ou elle les aime –comme on l’entend souvent dire– puisque rappelons que le rapport entre l’éleveur.se et animaux est financier) : les animaux ont de l’espace, un accès à l’extérieur, la possibilité d’interagir avec leurs congénères, et même peut-être un nom plutôt qu’un numéro. Il est indéniable que les animaux qui y sont élevés ont de meilleures conditions de vie que ceux élevés dans des fermes usine. Dans ces conditions, on pourrait donc effectivement penser que la viande heureuse n’est plus bien loin.

J’ouvre ici une parenthèse. Reconnaître que les conditions d’élevages sont meilleures dans certains élevages me paraît important, puisque l’argument revient sans cesse. Mettre tous les élevages au même niveau ne me semble de fait ni juste, ni pertinent. Cependant, cette simple observation de la réalité n’implique pas non plus la cautionner. Fin de la parenthèse.

Photo de Annie Spratt sur Unsplash

Malheureusement, la petite taille de l’élevage ne veut pas forcément dire que les animaux ne souffrent pas. Comme pour le bio, les animaux ont ici aussi pu subir les mêmes mutilations que celles décrites plus haut. De plus, dans les fermes laitières, la séparation des veaux et des vaches est inévitable, quelle que soit la taille de l’élevage.

Mais quand bien même ces animaux vivraient une vie heureuse et paisible dans cette ferme du bonheur. Leur mort sera-t-elle elle aussi heureuse et paisible? C’est ce que nous allons voir.

 

L’abattage

Notons tout d’abord qu’avant l’abattage, il y a le transport jusqu’à l’abattoir. Ce transport est dans bien des cas long, stressant et éprouvant. En plus d’éventuelles souffrances physiques (insalubrité, entassement, faim, soif, etc.), il peut également entraîner une souffrance émotionnelle, comme par exemple l’angoisse et l’anticipation de la mort. Or le transport : tous les animaux d’élevage y passent. Il est en effet illégal de tuer les animaux directement à la ferme, sous peine d’être passible de six mois de prison et 15 000 euros d’amende [2]. Quant à l’abattoir mobile actuellement en phase de test (un camion qui vient abattre l’animal à la ferme plutôt que d’emmener l’animal à l’abattoir), il reste très anecdotique et réservé aux bovins [3].

© Jo-Ann McArthur | WeAnimals

Vient ensuite l’abattage. Je ne vous cache pas que là, ça se corse pour notre viande heureuse, qui fait tout d’un coup un peu plus la tronche. Peut-on en effet tuer un animal sans le faire souffrir ? C’est ce que l’étourdissement préalable est sensé assurer, afin de rendre l’animal inconscient au moment de l’abattage. De fait, selon un rapport confidentiel de 2011 du Conseil général de l’alimentation sur l’abattage, l’absence d’étourdissement allonge le temps nécessaire pour rendre l’animal inconscient et prolonge ainsi sa douleur. La réglementation française a ainsi rendu l’étourdissement obligatoire. Celui-ci est effectué par électronarcose, au moyen d’une tige perforante. Sauf que:

  • D’une, les ratés sont fréquents, du fait des cadences imposées aux employé.es des abattoirs.
    « Un des inconvénients majeurs de l’électronarcose, surtout quand elle est automatisée, est lié aux mauvaises manipulations, aux difficultés de positionnement des électrodes et à leur paramétrage. Incorrectement employées, elles peuvent stimuler des récepteurs de la douleur sans induire l’inconscience » — Pierre Le Neindre, chercheur à l’INRA (rapport 2009)

    Ainsi, en 2011, la Coalition canadienne pour la défense des chevaux (CHDC) a posé une caméra pendant 24h au dessus de boxes d’abattage. Sur les 150 abattages filmés, 40% des chevaux ne sont pas étourdis correctement après le 1er coup de pistolet.[4] On ne fait pas mieux en France. Il suffit de visionner les enquêtes diffusées par L214 pour constater que de nombreux animaux sont conscients au moment de l’abattage, que ce soit parce que l’animal a été mal étourdi ou qu’il ait été accroché vivant. Suite aux scandales à répétition de ces dernières années, l’Assemblée a voté l’obligation d’installer des caméras de surveillance dans les abattoirs à partir de janvier 2018. Cependant, les vidéos ne pourront être visionnées que par les services vétérinaires et l’employé.e de l’abattoir responsable de la protection animale. Les associations de protection animale et le grand public, en revanche, n’y auront pas accès [5]. On peut donc craindre que les abus ou dysfonctionnements resteront dans l’enceinte de l’abattoir.

  • De deux, la loi prévoit une dérogation pour l’abattage rituel. Selon le même rapport cité ci-avant, on estime à moins de 10% la demande de viande halal ou casher. Pourtant, le volume d’abattage rituel atteindrait 40 % des abattages totaux pour les bovins et près de 60 % pour les ovins. Comment expliquer cela? Pour des questions d’économie de coûts, de nombreux abattoirs mixtes (c’est-à-dire équipés de deux chaînes d’abattage: l’une avec étourdissement et l’autre sans) pratiquent l’abattage sans étourdissement systématiquement. Une part non négligeable de la viande issue d’abattage sans étourdissement se retrouve ensuite dans le circuit classique, sans mention pour le consommateur ou la consommatrice. Je précise qu’il ne s’agit ici en aucun cas d’une attaque envers certaines minorités religieuses. Au banc des accusés de maltraitance animale, on peut aisément dire que toutes les religions sont coupables.

Puisqu’il n’existe pas de label certifiant que l’animal ait bien été étourdi avant la saignée, l’OABA a dressé une liste des abattoirs pratiquant uniquement l’abattage conventionnel (consultable ici). Si vous ne savez pas quoi faire ce week-end, vous pouvez donc vous amuser à vérifier si le numéro à 6 chiffres figurant sur votre barquette de viande est ou non dans la liste. S’il n’y figure pas, l’abattoir en question pratique l’abattage mixte et il n’y a aucune manière de savoir quelle a été la méthode d’abattage. S’il y figure, l’animal a a priori été tué selon la méthode conventionnelle. A priori puisque comme évoqué précédemment, les ratés sont monnaie courante. Même dans les abattoirs bio, si jamais vous vous posiez la question, qui sont tout autant concernés par les questions de maltraitance animale que les autres abattoirs. Pour preuve, les enquêtes de L214 dans les abattoirs du Vigan, de Pézenas et Mercantour, ou encore de Mauléon-Licharre, tous trois pourtant certifiés bio.

Bref, à moins d’être présent.e à l’instant T, il est impossible d’être certain.e que l’animal n’ait pas souffert durant le processus qui le mène de l’élevage à l’abattoir, puis durant l’abattage. Vous pouvez tout au plus espérer que la probabilité soit de votre côté.

2- La viande heureuse : l’exception qui confirme la règle ?

Cependant, pour pousser l’argumentation jusqu’au bout, imaginons effectivement que notre morceau de viande ait bravé tous les obstacles pour éviter la souffrance:

  • l’animal a été élevé dans une petite ferme traditionnelle dans laquelle il a été chéri et bien traité
  • il n’a pas subi de mutilations
  • le transport vers l’abattoir fut court et non stressant
  • l’abattage a bien été effectué avec étourdissement préalable
  • l’animal est resté inconscient durant l’abattage

A ce stade, j’espère que vous aurez compris qu’il est très peu probable que votre viande remplisse tous ces critères (et encore moins probable s’il s’agit des lardons de la quiche de la cantine ou la pizza pepperoni du supermarché). Beaucoup d’appelés, peu d’élus. Et quand bien même tous les critères étaient cochés: vous n’auriez en fait aucun moyen de le savoir !

Néanmoins, admettons effectivement que notre morceau de viande fasse partie de ces Happy Few. Soyons fous, admettons même que l’animal s’est fait masser et qu’on lui ait fait écouter de la musique classique avant de l’abattre. Ça y est là, c’est sûr, il peut prétendre au titre de « viande heureuse », n’est-ce pas ? Et bien non, toujours pas. Reste en effet la question centrale de l’intérêt à vivre de l’animal.

 

3- La viande heureuse et l’intérêt à vivre de l’animal sont incompatibles

Vous l’aurez compris, toute la démonstration précédente se focalise sur la souffrance endurée par l’animal. Démonstration qui était en fait inutile (oui j’aurais pu vous faire l’économie de 1600 mots !) De fait, à ne considérer l’animal qu’à travers sa capacité à souffrir, on en oublie qu’on a affaire à un être sentient capable d’éprouver des émotions. En d’autres termes, cet être sentient a un intérêt à vivre, et pas seulement à ne pas souffrir.

 

Dans une interview pour la revue Véganes, Frédéric Côté-Boudreau, doctorant en philosophie à Queen’s University résume les choses avec brio:

« [L’animal] a un intérêt à vivre du plaisir et à continuer de le vivre – alors que se faire tuer, même sans douleur ni angoisse de l’anticipation de la mort, constitue un tort irréparable à la capacité de continuer à profiter de ces plaisirs. C’est pourquoi il importe d’expliquer que la mort n’est pas grave à cause de sa souffrance, mais bien parce qu’elle prive un individu de jouir du bien le plus précieux qu’il a : la capacité à jouir des opportunités de la vie. »

 

Même son de cloche chez Thomas Lepelter qui écrit dans « L’imposture intellectuelle des carnivores » (ouvrage que je vous invite à découvrir ici):

« On aura beau se raconter les histoires que l’on veut, tuer des animaux est toujours violent pour la simple raison qu’ils ne vont pas de gaieté de cœur se faire couper la gorge. »

On imagine effectivement mal un animal se suicider pour nous faire don de sa chair. Dans cette vidéo (pas d’images choc), on constate effectivement que le bœuf cherche à faire demi-tour dans le couloir le menant à la mort.

Viande-heureuse-couloir-abattoir

Voir la vidéo ici: https://www.youtube.com/watch?v=VizpLk263iM

 

Ajoutons à cela que les animaux sont abattus alors qu’ils sont encore très jeunes. Il semble vraiment curieux de parler de « viande heureuse » alors que tout est fait pour les faire atteindre un poids d’abattage maximal en un minimum de temps.

Bref, la viande heureuse est un oxymore. Un concept qui sert simplement à rassurer le consommateur ou la consommatrice, mais qui n’est moralement pas valable et en contradiction directe avec le droits des animaux. Comme le dit Brigitte Gothière, co-fondatrice de L214: non, il n’est pas possible de tuer éthiquement un animal.

 

Si vous avez trouvé cet article intéressant, n’hésitez pas à le partager !

Pourquoi 'la viande heureuse' est un non-sens. Click To Tweet

 

[1] Désobéir pour les Animaux (par Les Désobéissants, édition le passage clandestin), page 15.

[2] https://www.marianne.net/societe/abattoirs-mobiles-l-experience-arrive-en-france

[3] https://www.marianne.net/societe/abattoirs-mobiles-l-experience-arrive-en-france

[4] Lettre ouverte aux animaux et à ceux qui les aiment (Frédéric Lenoir)

[5] http://www.lemonde.fr/planete/article/2017/01/13/l-assemblee-vote-l-obligation-de-cameras-dans-les-abattoirs-a-partir-de-2018_5061907_3244.html

[7] https://oaba.fr/pdf/Rapport_CGAEER_2011.pdf

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

You May Also Like

27 Comments

  1. 1

    Super article, comme toujours. Je connais beaucoup d’omnivore pour qui cet article serait utile. Si je suis devenu végétarien, c’est justement parce que je pense que la viande heureuse n’existe pas. J’envisage également de devenir végan. Je le suis quasiment, mais la pression sociale m’emmène à manger encore de temps en temps des oeufs et des produits laitiers. Pour m’encourager vers cet voie, peut tu me dire ce que tu pense du lait et des oeufs dit « heureux » ? Cela me permettrait également de mieux argumenter avec les non-vegans. Merci et bonne continuation avec ton blog 🙂

    • 2

      Bonjour Marc, et merci pour ce gentil feedback ! Comme toi, j’ai d’abord cherché à voir si la viande heureuse existait avant de devenir végétarienne… et j’ai bien dû me rendre à l’évidence que cela était un leurre. Quant à ta transition vers le véganisme, cette période de manger des oeufs / produits laitiers en société est très courante, j’y suis moi aussi passée (d’ailleurs quand je suis devenue végétarienne je me disais « jamais végane! »).

      Pour les oeufs: il y a deux problèmes:
      1/ Gazage/broyage des poussins mâles -> l’industrie de l’oeuf a besoin uniquement de poules. Les mâles n’ont aucune utilité puisqu’ils ne pondent pas, et comme c’est une race différente des poulets de chair, on ne peut vraiment rien en faire et l’industrie s’en débarrasse. D’où le gazage / broyage des poussins mâles à la naissance. Donc même en achetant des oeufs de code 0 ou 1, on contribue à leur mort. Cf ce visuel pour y voir plus clair: https://visuels.l214.com/sites/www.l214.com/2012/pages/poules-pondeuses/oeufs-tableau.jpg
      2/ les conditions de vie des poules pondeuses: là encore, même en achetant code 0 ou 1, les poules sont souvent mutilées, et envoyées à l’abattoir lorsqu’elles ne pondent plus assez.

      Pour le lait, c’est similaire:
      1/ l’abattage des veaux mâles: puisque les vaches produisent du lait après la période de gestation, elles sont régulièrement inséminées. Bio ou pas, petit producteur ou pas. Le veau est ensuite retiré à sa mère afin qu’il y ait davantage de lait pour les humains (la période varie entre les élevages, mais la séparation reste toujours douloureuse : https://www.youtube.com/watch?v=gUnwj6T3I0A). Si c’est une femelle, elle deviendra elle aussi probablement vache laitière. Si c’est un mâle, il deviendra de la viande de veau
      2/ les conditions de vie des vaches laitières: une fois qu’elles ne produisent plus assez, elles sont réformées (généralement avant 5 ans alors qu’une vache peut vivre 20 ans) et c’est l’abattoir. Selon Interbev, la viande issue de l’industrie laitière représente plus de 35% de la viande vendue. Je te renvoie à cet article que j’avais écrit justement sur les vaches laitières: http://www.la-carotte-masquee.com/lhomme-crea-vache/ (si tu peux, regarde le documentaire associé)

      Est-ce que cela répond à tes interrogations?
      Très bonne journée,
      (ps: n’hésite pas à partager l’article avec les personnes en question si tu penses que cela peut aider à amorcer une reflexion!)
      Aurélia

      • 3

        Je reviens pour la question des oeufs. Pareil de mon côté, je suis végétarienne mais j’ai encore du mal à passer outre les oeufs et le fromage. Pour le lait, je suis passée au lait végétale que j’apprécie beaucoup plus.
        Revenons à l’oeuf, que pensez-tu, en tant que vegan, de la consommation d’œuf lorsque la poule tu l’élèves toi même, dans un grand clapier (pour la nuit) et dans ton jardin la journée ? Mes parents réfléchissent en ce moment pour sauver une poule, la remettre en forme et la soigner puis consommer ses oeufs lorsqu’elle ira mieux.

        • 4

          C’est marrant, dans Antispéciste, Aymeric Caron donne justement cet exemple et juge cette situation acceptable 🙂

          De mon côté, je pense que la question est un peu plus complexe:
          – d’une cela dépend de l’intention avec laquelle on procède à ce sauvetage: est-ce qu’on sauve la poule juste pour la sauver, donc avant tout dans une perspective éthique? ou bien on la sauve pour avoir des oeufs, dans avant tous dans une perspective de consommation? Dans le premier cas, je trouve cela bien, si ça peut permettre à une poule qui allait finir en abattoir d’y échapper. C’est ce que font par exemple les refuges: ils recueillent des poules pondeuses qui allaient finir à l’abattoir. Si elles pondent, certains refuges consomment ensuite les oeufs (je ne sais pas s’ils le font tous). Dans le 2ème cas (qui correspond il faut bien l’avouer à la majorité des personnes ayant des poules), je suis moins convaincue, car si la poule ne pond pas assez ou plus, que se passera-t-il? (par exemple, les poules ne pondent pas ou moins l’hiver si je ne dis pas de bêtises) Vu qu’on attend d’elles une performance, est-ce que les personnes qui les recueillent les laisseront quand même vivre même si elles ne pondent plus? C’est une question cruciale, d’autant plus que le système reproducteur des poules pondeuses est épuisé, du coup elles pondent moins.
          – de deux, et là il faudrait que je lise davantage sur la question, il semblerait que les poules se nourrissent de leurs oeufs non fécondés, et que les leur enlever induirait un stress. Je ne suis cependant pas assez renseignée sur cette question, d’où mon utilisation du conditionnel. Il faudrait voir ce que les éthologues disent sur la question, mais la question mérite d’être creusée.

          bref, comme tu le vois, je n’ai pas d’avis tranchée sur la question. Cela me paraît dépendre de plusieurs facteurs: intention, respect du bien-être de la poule, etc. Dans le cas de tes parents, j’imagine qu’il faudrait leur demander ce qui se passerait si une fois la poule remise d’aplomb, elle ne pond pas?

          • 5

            Je pense que nous sommes sur la même longueur d’onde pour cette question. Sauver une poule pondeuse pour au final en faire aussi une poule pondeuse chez soi, qui finira dans une assiettes si celle ci ne produit pas ce que l’on veut n’a pas de grand intérêt. Il est clair que dans notre cas, même si la poule ne pond pas, il sera hors de question de l’envoyer à l’abattoir, la poule sera plus vue comme un membre de la famille, un animal de compagnie qu’un moyen d’obtenir des denrées gratuites. On sauve un animal, ce n’est pas pour le tuer ensuite mais malheureusement il y en a beaucoup qui ne pense qu’au profit quel qu’il soit…
            En tout cas, merci d’avoir pris le temps de répondre à ma question 🙂

          • 6

            Bravo à vous, c’est super chouette de faire cela! Tu en parleras j’espère dans un de tes prochains articles?
            Comme tu le dis, à partir du moment où le suavetage est fait dans l’intérêt de l’animal, je ne vois pas de raison de le condamner. C’est d’une certaine manière une façon de réinventer notre rapport aux animaux d’élevage, un peu comme un refuge dans son jardin ^^

          • 7

            La question des poules dans son jardin me parait être un faux débat, car c’est une situation qui n’a pas vocation à perdurer. On parle de poules recueillies, sauvées de l’élevage. Mais si les élevages de poules pondeuses disparaissent (ce qui est quand même la finalité), il n’y aura plus de poules à sauver, et l’on ne va pas continuer à en produire pour que monsieur tout le monde ait sa petite poule dans son jardin. Ça irait à l’encontre du véganisme. Au bout du compte l’arrêt de la consommation d’œuf serra quand même inévitable. Cela ne fait que retarder l’échéance.

          • 8

            Hello Axel,
            On est bien d’accord, cette situation ne vaut que dans le contexte où les élevages de poules pondeuses existent, ce qui sera malheureusement encore le cas pendant des dizaines d’années. C’est bien pour cela que la question de l’intention est clé: si on sauve une poule par éthique animale, c’est dans l’intérêt de la poule. Si c’est pour la faire continuer à pondre, c’est dans notre propre intérêt. Dans le premier cas, qu’elle ponde ou non reviendra au même pour le sauveteur, et la sauver est simplement un acte de bienveillance. Dans ce cas précis, je ne vois pas pourquoi cela serait condamnable, ni pourquoi cela retarderait l’échéance? (sinon les refuges / sanctuaires d’animaux d’élevages retardent aussi l’échéance?).

      • 9

        Merci de ta réponse. Je vais essayer de partager ton article autour moi :).
        Tu dit que tu a aussi eu période de manger des oeufs / produits laitiers en société. Peut-tu me dire comme tu a réussie à en sortir ? Moi je mange souvent chez mes parents et il m’arrive également de temps en temps d’être invité chez des amis ou des gens de la famille. Parfois c’est même pour plusieurs jours ! Du coup si je leurs dit que je ne mange rien d’autre que des végétaux, on risque de me reprocher de compliquer les chose. Même moi je commencerais à avoir des scrupules… Peut tu me donner un coup de main, parce que je n’ai vraiment plus envie de faire souffrir des animaux inutilement. Merci d’avance.
        Marc

        • 10

          Hello Marc,
          de mon côté, la volonté de devenir vegane était bien présente, mais je craquais régulièrment (pas tant sur le lait et les oeufs directement, mais plutôt sur des biscuits ou autres produits qui contenaient des POA et que j’avais du mal à remplacer). Et puis lors d’un voyage aux USA, dans le cadre duquel j’ai pu très facilement manger végétalien pendant 2 semaines, ça a été le déclic. A mon retour en France, je ne voulais pas casser cette dynamique et ma démarche s’est vraiment affirmée à ce moment là. J’ai commencé à dire « je suis végétalienne », et à ne plus vouloir faire de compromis en société. Si j’étais invitée à déjeuner / dîner chez qqn, je le / la prévenais avant, en indiquant que si cela était trop compliqué, je pouvais amener mon propre plat. Mes hôtes se sont toujours adapté.es 🙂 En famille aussi, je m’arrange toujours pour trouver qqchose à manger qui me convienne, quitte à mettre la main aux fourneaux ou à aller acheter qqchose à la supérette. Sur cela, je pense que le rythme de chacun est différent, selon sa situation personnelle et son environnement.
          Je peux en tout cas te conseiller 2 choses pour t’aider dans ta démarche:
          – la lecture du livre « Planète Vegane » d’Ophélie Véron. Il est parfait pour les personnes comme toi en transition, plein de bienveillance sans culpabiliser. Et il y a tout un chapitre justement sur « être vegane en société » que je pense tu trouveras très utile! (mon prochain article sera d’ailleurs une revue de plusieurs ouvrages sur le véganisme, dont celui-ci :))
          – te mettre sur des groupes facebook bienveillants, où les personnes s’épaulent et se donnent des tuyaux justement pour devenir vegane et le rester. Tu as par exemple le groupe VVV cool (https://www.facebook.com/groups/vvvcool/?ref=br_rs) et le groupe 1 pas après l’autre (https://www.facebook.com/groups/1pas.apreslautre/) – il y en a pleins d’autres, le meilleur moyen est que tu les testes et vois celui où tu te sentes à l’aise et épaulé !

          Bon courage, le fait d’ouvrir les yeux était l’étape la plus difficile, le reste viendra naturellement, bravo à toi!
          Aurélia

          • 11

            Oh merci, c’est adorable de te prendre temps pour m’aider. Le livre livre « Planète Vegane » d’Ophélie Véron je l’avais déjà feuilleté à la fnac mais je ne l’ais pas encore acheter. Effectivement il a l’air d’être très riche en conseil. Actuellement je ne consomme pas plus que 5-10% de produits animaux et cela non pas par appétit mais pour mieux vivre en société. A force de diminuer ma consommation de lait, je ne digère de moins en moins se produits.
            Je remarque également que depuis que je suis végétarien, j’ai vu de nombreuse personne changer d’avis sur le végéta*isme. Je pense que cela va encore prendre un peu de temps jusqu’à ce que je devienne vraiment végan à 100% et que ma famille aura du mal à l’accepter. Mais la conviction est déjà là et je pense réussir !

  2. 12
  3. 14

    Merci pour cet excellent article ! Je vais le partager (et peut-être même l’imprimer, pour les prochaines fois où on me sortira cette aberration ! – t’aurais pas un truc sur les chasseurs amoureux de la nature qui par bonheur sont là pour la réguler, par hasard ? :D)

    • 15

      Merci Suny, ton commentaire me touche vraiment beaucoup.
      Pour les chasseurs.. m’en parle pas… c’est sur ma liste depuis un moment, mais je ne suis pas encore assez calée sur le sujet. En revanche, je compte acheter l’ouvrage de Marc Giraud « Comment se promener dans les bois sans se faire tirer dessus » et en faire un compte-rendu, ou bien un article plus complet sur la chasse. C’est pas pour tout de suite, mais oui, j’y pense 🙂 En attendant, je ne peux que te conseiller l’excellent site de l’ASPAS (Association pour la protection des animaux sauvages: http://www.aspas-nature.org/) où tu pourras trouver pas mal d’informations sur cette soi disant « régulation » ^^

      • 16

        Ha, merci pour le titre (c’est exactement ce que je suis en train de me demander : comment aller promener mon gros chien (qui de plus ressemble vaguement, en taille et en couleur, à un sanglier…) sans finir dans les faits divers…) et le lien, je vais avoir de quoi lire ! Je me suis encore fait tomber dessus jeudi dernier en repas, par mes chers papa et beau-papa chasseurs quand, alors qu’ils parlaient d’initier leurs futurs petits-enfant à la chasse, je leur ai gentiment dit qu’il était hors de question qu’ils fassent quoi que ce soit qui implique à la fois mes hypothétiques enfants et cette activité abominable. Je te laisse imaginer la suite… ^^ Bref, quoi qu’il arrive et quoi que je leur dise ils auront raison, mais je cherche de la matière pour pourvoir répondre sans m’énerver.
        Désolée pour la digression, merci encore, du coup j’ai fait un petit tour sur tes autres articles, et j’ai lu plein de choses intéressantes 🙂
        Bonne journée !

        • 17

          Hello Suny (pardon pour la réponse tardive, ton commentaire était encore allé dans « indésirable », décidément!)
          Bon courage pour les débats familiaux. Et en même temps il faut des gens qui défendent leurs idéaux dans les milieux des chasseurs aussi, pour planter une mini graine de réflexion. Peut-être germera-t-elle? 🙂

  4. 18

    Bonjour bonjour,
    Je voulais simplement vous remercier pour cet article très approfondi et surtout justifié (cf. les notes de bas de page).
    J’ai le sentiment que quand ce genre de sujets – très débattus et très « chauds » -, beaucoup (trop?) d’articles qu’ils soient pour le véganisme ou contre ont tendance à tomber dans la persuasion au lieu de l’argumentation. Ce que je veux dire par là c’est que j’ai souvent le sentiment – et c’est bien là un sentiment personnel – que beaucoup d’articles défendent leur point de vue bec et ongles, en en oubliant parfois de réellement argumenter et de réellement interroger le sujet
    Or ce n’est pas du tout le cas de votre article, très jusitifé et argumenté. Je vous remercie donc chaleureusement pour cette approche ! Pour moi, le fait d’anaylser les choses de la manière la plus ouverte et neutre possible est essentiel (ce qui n’empêche pas d’avoir une opinion sur le sujet).
    Bref, encore une fois un grand merci à vous. Je mets votre blog de côté pour y revenir régulièrement et m’informer un peu plus. Je suis en effet moi-même en transition quelque part entre le végétarisme et le véganisme et je m’intéresse beaucoup à la question. Je laisse au processus le temps de prendre forme et ne me force pas dans un sens ou dans un autre. Je crois que c’est une évolution qui doit se faire naturellement et en douceur si l’on ne veut pas qu’elle mène à des frustrations et/ou une attitude extrême, bornée et agressive (et c’est valable – à mon sens – pour tout processus quel qu’il soit, pas seulement pour la question du véganisme ou du végétarisme).
    Mille mercis et au plaisir de vous lire !
    Camille

    • 19

      merci Camille pour ce gentil retour.
      Je vois tout à fait ce que vous voulez dire. Je dois bien avouer avoir moi-même eu ce travers au début de mon militantisme. J’ai heureusement évolué et essaie d’avoir une approche plus rigoureuse, je suis ravie que cela s’en ressente dans mes articles. A ce sujet, si vous comprenez l’anglais, un très bon (et court) article : http://veganstrategist.org/2017/09/13/beware-vegan-dogma/
      Je vous rejoins aussi sur la transition en douceur pour qu’elle soit durable. De fait, pour moi la transition vers le végétarisme a été très rapide, celle vers le végétalisme un peu plus longue, mais c’est surtout ma démarche vers le zéro déchet qui me prend le plus de temps – j’avais d’ailleurs écrit un article à ce sujet si cela vous intéresse (« 6 conseils pour rester zen lors d’un débat sur le véganisme)
      Bonne fin de journée!
      Aurelia

  5. 20

    Je vais laisser un commentaire un peu hors sujet… Une de mes connaissances m’a envoyé cet article : http://www.atlantico.fr/decryptage/mefaits-ecologiques-vegan-illustres-inra-eric-verhaghe-3003407.html/page/0/2
    Je me demandais ce que tu aurais à répondre par rapport à ce type d’arguments. Je vois bien quelques points faibles de l’argumentation de l’auteur mais j’ai peur de ne pas être assez convaincante dans ma réponse. Bref comme je trouve tes articles extrêmement bien faits, en particulier ceux qui, comme celui-ci, déconstruisent des « mythes », je voulais solliciter ton opinion à ce sujet.

    • 21

      Bonjour Lili,
      Ralala cet article aussi je l’ai reçu de plusieurs personnes (je devrais en faire un article de réponse!). Outre le titre très « putaclic », l’article soulève effectivement des points intéressants, mais effectue aussi des raccourcis malhonnêtes. Voici quelques réponses:

      1/ Sur les généralisations abusives. l’auteur souligne que l’émission de méthane est due aux bovins et non à l’élevage dans son ensemble. C’est vrai, et nous pourrions être effectivement plus précis dans l’utilisation de certains chiffres. Cependant in fine cela ne change pas les chiffres: l’élevage de bovins émet du méthane, ce qui est difficilement contestable. Les élevages d’autres animaux posent par ailleurs d’autres problèmes: j’aurais par exemple bien aimé que l’article mentionne le lien entre élevages porcins et pollution des sols (les nitrates rejetés par les élevages porcins dégradent en effet les sols et les nappes phréatiques). Marrant comme l’auteur accuse les chiffres d’être partiels mais fait preuve lui-même du même biais!
      L’auteur souligne aussi qu’il y a une différence entre élevage industriel et élevage traditionnel. Là encore, c’est vrai. Les chiffres dont on dispose sont généralement des moyennes, afin de donner une idée dans sa globalité. Si on ne donnait que les chiffres des élevages traditionnels, ce serait partiel et nombres de personnes risqueraient alors de dire « ah ben c’est bon alors, l’élevage ne pollue pas », ALORS QUE l’élevage industriel est majoritaire en France. A ce sujet d’ailleurs, ce qui est assez malhonnête dans la manière dont l’auteur présente les choses, c’est qu’il laisse penser que d’un côté il y a des feedlots aux USA, et de l’autre des pâturages comme en France. C’est loin d’être le cas, nous avons en France un modèle majoritairement industriel (principalement pour les ovins, volailles et porcs).

      2/ sur les simplifications:
      – sur l’eau : il a raison – ce chiffre de 15 000 L (que j’ai moi-même beaucoup utilisé par le passé) est assez fallacieux. Si on enlève l’eau verte (eau de pluie) et ne gardons que l’eau bleue et l’eau grise, les chiffres sont nettemment moins spectaculaires (même si la viande et le lait demandent davantage d’eau même dans ce calcul) – PLus d’infos ici : https://www.viande.info/elevage-viande-ressources-eau-pollution

      – Sur le rejet du CO2: l’auteur explique que les chiffres de rejet en CO2 des transports et de l’élevage ne sont pas mesurés de la même manière, et qu’en utilisant les mêmes méthodes de mesure, les transports consommeraient plus que l’élevage. Peut-être. Mais dans tous les cas, cela ne veut pas dire que l’élevage ne produit pas de GES, mais que les transports en produisent plus. Que l’élevage soit le 1er ou le 2ème facteur d’émission de GES, le fait est qu’il reste un contributeur de taille d’émission de GES. Un végétalien émet ainsi 2,5 fois moins de GES par son alimentation qu’un omnivore occidental (https://www.viande.info/elevage-viande-gaz-effet-serre). Alors consommons moins de viande ET sortons moins nos voitures! On n’est pas dans un match de foot, pas besoin de choisir un camp 😉

      3/ Les fausses bonnes idées:
      – 80% des aliments donnés aux animaux ne sont pas comestibles par l’homme. Je suis TRES surprise (et sceptique par ce chiffre). Quels sont les animaux pris en compte? Quel territoire (France ou monde?) – malheureusement l’auteur n’indique pas de lien hypertexte pour avoir plus de précisions sur la source donnée, ce qui laisse ces questions en suspens.
      Juste après, il dit que 70% des rations des ruminants sont des fourrages non consommables par l’homme. Donc on commence par « les animaux », puis on passe seulement « aux ruminants », c’est assez confus. In fine, pourquoi ce chiffre me surprend? Car les élevages industriels utilisent beaucoup de maïs et soja pour la nourriture du bétail. A moins que je me trompe, ces surfaces pourraient nourrir la population humaine. Après, il est important de noter que cela ne suffirait pas à endiguer la faim dans le monde, qui est un problème géopolitique complexe.
      – Les prairies et zones herbeuses (31% des surfaces agricoles) ne sont pas cultivables. Probablement, mais l’idée n’est pas de transformer chaque parcelle de terre en la culture de quelque chose. Et par le même coup il passe sous silence le reste des surfaces qui pourrait elles en revanche être utilisées pour les cultures végétales (ou être tout simplement laisser tranquilles comme les forêts qui se réduisent comme peau de chagrin à cause notamment des cultures intensives de maïs et soja destinées à l’alimentation du bétail – cf le documentaire Cowspiracy à ce sujet).
      – sur la santé: l’auteur lie la montée en flèche de l’obésité à la diminution de la viande. Cet argument est tout simplement ridicule et fallacieux. L’obésité est davantage liée à la consommation de junk food et de sucres qui a augmenté sur la même période (et qui peut être autant végétale que carnée).
      – sur la viande in vitro : je suis d’accord avec le principe de précaution et ne souhaite pas l’arrivée sur le marché d’un produit qui pourrait être néfaste pour la santé. Néanmoins, ce principe de précautions ne doit pas non plus être compris comme une injonction à ne pas trouver des alternatives (celle-ci ou d’autres). Quant aux insectes: les véganes n’en mangeraient pas non plus, je ne vois pas bien en quoi cela serait une source de remplacement.

      Voilà, j’espère que cela pourra t’être utile! Au final ce qui me pose problème avec ce genre d’articles c’est qu’il y a des choses vraies, mais le parti pris est tellement évident (rien que le titre…), que c’est difficile de faire la part des choses entre ce qui est exact et ce qui est déformé pour servir un propos / idéologie (et c’est aussi le cas avec certains sites promouvant le véganisme, cela marche dans les deux sens). A ce sujet, il serait intéressant de savoir quelles ont été les sources de financement de cette étude et qui a été son commanditaire. De fait l’INRA, bien qu’étant un organisme public, a des liens financiers avec le privé, la prudence me semble donc être de mise (exemple concret: les liens entre INRA et industriels du foie gras: https://stop-foie-gras.com/fichiers/ancien-site/inra/synthese-INRA-bas.pdf)

      Bonne journée à toi !
      Aurelia

  6. 24

    Merci beaucoup pour ton article. Je suis végétarienne depuis plusieurs mois. Cela interpelle naturellement les personnes autour de moi qui sont pour la plupart omnivores. Certaines comprennent mais beaucoup sont à la limite de l’agressivité. Et étrangement ce sont tout le temps ces personnes-là qui initient la conversation.

    Bref, je sais pour la plupart du temps défendre ma conviction ; et tes articles, ceux d’Ophélie Veron et également le livre « Faut-il manger les animaux ? » de Johnatan Safran Foer m’aident à formuler des explications et réponses claires. Mais je me sens parfois acculée car moi-même je n’arrive pas à avoir un avis clair sur certains points. La souffrance animale, les raisons écologiques, le fait de pouvoir avoir une alimentation équilibrée autrement, sont des raisons évidentes, facilement explicables et souvent comprises mais en découle souvent les questions suivantes : « Oui mais l’homme était végétarien et il est bien devenu chasseur pendant la préhistoire ? Puis l’homme a ensuite toujours mangé de la viande ?.» Question de mon fils 5 ans : « Si on avait plus rien à manger, tu mangerais de la viande ? »

    Toutes ces questions m’ont amené à réfléchir sur le fait de savoir si je considèrais comme «acceptable» le fait de manger de la viande dans des conditions particulières (mode de vie par exemple) ou des époques ? Que ce soit la chasse à la préhistoire ou l’abattage des animaux au moyen âge, la souffrance animale a toujours existé et on est bien d’accord que l’intérêt à vivre de l’animal ne dépend pas des époques ou de nos conditions de vie.

    J’ai l’impression d’avoir un bout de réponse quand j’imagine que : la question «manger des animaux» pourrait se poser si nous étions dans un cadre de respect des animaux et de la nature, c’est à dire dans des rapports « d’équilibre » et des conditions de retour à la vie « sauvage » pour eux et pour nous. L’homme pourrait alors redevenir «prédateur» dans ces conditions-là précisément. Et bien entendu ces conditions-là n’existant « quasiment » plus à notre époque.
    Ça m’aiderait énormément d’avoir ton avis sur le sujet car je ne doute pas que tu te sois déjà posé ces questions-là.

    • 25

      Bonjour Mélanie,
      Je te remercie pour ton message et je vais modestement essayer de répondre à quelques unes de tes interrogations. Dis toi tout d’abord qu’il est normal de ne pas avoir toutes les réponses, et que ton discours va nécessairement s’affûter au fil de tes lectures et réflexions. Ce sont aussi les discussions avec des personnes en désaccord avec moi qui m’ont permis de pousser davantage ma réflexion (et ainsi de maintenant focaliser mon discours principalement sur l’éthique animale plutôt que l’environnement par exemple).
      Sur la question de « Oui mais l’homme était végétarien et il est bien devenu chasseur pendant la préhistoire ? Puis l’homme a ensuite toujours mangé de la viande ?.» je te renvois à cet article que j’avais écrit il y a quelques temps et qui pourra je l’espère te donner des éléments de réponse: http://www.la-carotte-masquee.com/lhomme-est-il-omnivore/
      En un mot, on ne sait pas si l’homme a toujours été omnivore ou s’il l’est devenu, au final ce n’est pas si important. Ce qu’il est important de se poser comme question est: est-ce qu’il est toujours pertinent aujourd’hui de manger de la viande alors qu’on peut s’en passer? (à la différence des époques citées où il n’y avait pas de B12 par exemple). Nous évoluons, et avec nous notre mode de vie. L’argument historique ne constitue donc pas une justification (sinon on vivrait dans des cavernes et dormirions sur des peaux d’ours car c’était aussi comme cela à la préhistoire ^^)
      Concernant ta seconde question sur le fait de savoir s’il existe des conditions dans lesquelles il est éthiquement acceptable de manger de la viande, je dirais que oui: pour les personnes qui n’ont pas d’autres solutions. On prend souvent l’exemple des inuits par exemple, qui ne disposent pas de terres cultivables et se nourrissent de poissons (même s’il faudrait vérifier la pertinence de cet argument car avec la modernisation de notre mode de vie, d’autres denrées arrivent aussi maintenant où ces communautés vivent – néanmoins, pour faire simple et clarifier le propos, on va garder cet exemple ici). IL existe certainement certaines tribus vivant dans des régions désertiques qui font face à des situations similaires. Si je vivais dans ces conditions là, aussi déplaisante que revêt pour moi l’idée de tuer un animal pour m’en nourrir, je le ferais certainement si c’est ce qui me permettait de survivre. Cela rejoint finalement ton exemple de vie sauvage, à la différence que j’y substituerais l’idée de « survie » plutôt que « d’équilibre » (ce terme étant utilisé à tort et à travers pour justifier certaines choses, comme par exemple les chasseur qui dise « réguler » la nature). Bien évidemment, ces cas sont anecdotiques dans notre société actuelle, et souvent cet argument est amené par des personnes vivant dans un pays Occidental dans lequel se passer de viande n’est pas dangereux pour la santé. C’est pareil avec la question de l’île désertique « si tu étais sur une île déserte et qu’il n’y avait que des animaux pour te nourrir, le ferais-tu? ». Et bien oui, mon instinct de survie m’y pousserait certainement, mais cette situation a très très très peu de probabilité de se produire. Ce qui se produit en revanche à l’heure actuelle et est bien réel, c’est le massacre des animaux sur la terre ferme où j’habite et sur laquelle j’ai la chance d’avoir accès à d’autres types de denrées alimentaires pour me nourrir 🙂
      J’espère avoir pu t’apporter quelques éléments de réponse, je reste à ton écoute.
      Aurélia

  7. 26

    Bonjour Aurélia,
    Merci pour cet article, je ne sais pas si cette lecture m’a fait du bien ou rendu triste. Les animaux souffrent et la majorité l’accepte. Pourquoi manger au dépend des animaux alors qu’on peut manger sainement…

Laisser un commentaire

Your email address will not be published. Required fields are marked *

You may use these HTML tags and attributes: <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <s> <strike> <strong>