Véganisme, Biais de confirmation et Arguments foireux

Aujourd’hui j’aimerais vous parler biais de confirmation. Le biais de confirmation, c’est le fait de privilégier les arguments qui renforcent nos convictions, et d’accorder moins de poids aux arguments qui vont à leur encontre. Exemple classique de biais de confirmation: une personne ayant une sensibilité politique de gauche lira davantage Libération -qui confirmera ses positions et renforcera ses convictions- que Le Figaro. Et vice versa. Il est de fait plus facile et confortable de confirmer sa façon de penser plutôt que de la remettre en cause.

– T’as vérifié ce fait avant de le partager?
– Pas besoin. Il va dans le sens de mon point de vue, donc ça doit être vrai!

Plus précisément, j’aimerais parler du biais de confirmation au sein du véganisme. Il est facile de s’enfermer dans un modèle de pensée qu’on cherche à défendre à tout prix. Les personnes non-véganes le font tout le temps, en cherchant à justifier qu’il est normal, naturel et nécessaire de manger des produits animaux. Mais les véganes le font aussi, à un moment ou à un autre. Moi la première, surtout au début. J’avais tendance à défendre bec et ongles le véganisme, avec des arguments dont je me suis rendue compte par la suite qu’ils n’étaient pas forcément pertinents. Je n’écoutais pas les réserves de la personne en face de moi qui n’était pas d’accord avec mes propos, je cherchais à la convaincre par A + B. Du coup, j’avais tendance à accueillir sans trop de filtre la plupart des arguments allant dans le sens du véganisme, et à refuser ceux qui le questionnaient. Un article qui titrait « On ne peut pas être écolo sans être végane » : hop je prends. Un article qui critique les approximations de Coswpiracy : ah non, ce sont sûrement des vendu.es. J’exagère un peu, mais vous voyez l’idée.

Du coup, croyant bien faire mais armée d’une connaissance partielle et partiale de sujets parfois complexes, j’ai pu relayer des arguments assez foireux, je dois bien l’avouer. Or les arguments erronés ou fallacieux peuvent vraiment desservir la cause qu’ils cherchent pourtant à défendre. Des véganes qui semblent non informé.es ou campant sur leurs positions en dépit du bon sens n’inciteront personne à s’intéresser à l’antispécisme, et vont même plutôt s’aliéner ces personnes. Effet boomerang garanti.

http://gifsenvrac.tumblr.com/post/137094276245

Le but de cet article est donc de lister quelques uns de ces arguments un peu foireux. La liste n’est pas exhaustive, ce sont seulement ceux que j’entends souvent. L’idée n’est bien sûr pas de jeter la pierre à ceux et celles qui les utilisent, mais de sensibiliser à l’importance de faire preuve d’esprit critique face à un argument, un article ou une image et de s’interroger sur la véracité et de la pertinence de l’information en question, surtout avant de la partager.

« L’homme n’est pas fait pour manger de la viande »

Alors là, certainement l’argument erroné le plus relayé. Popularisé notamment par la vidéo de Gary Yourovsky ainsi que ce type de tableau comparatif qu’on trouve un peu partout sur internet :

Noooooooon (et où sont les sources?)

SAUF que ce tableau est assez fallacieux, car :

  • L’anatomie comparée ne permet de conclure sur le régime alimentaire d’une espèce. Il existe en effet des contre-exemples, comme celui du panda géant, une espèce essentiellement herbivore ayant pourtant une anatomie proche de celle d’un ours.
  • Quand bien même on suivait la logique de l’anatomie comparée, le tableau est erroné. Celui-ci cherche à montrer que notre anatomie est comparable à celle d’un singe, et donc qu’on devrait manger comme eux. Sauf qu’il existe plusieurs espèces de singes. La plus proche de la nôtre d’un point de vue ADN est le chimpanzé, qui -ô surprise- est omnivore, et se nourrit par exemple de petits mammifères et insectes [1]. Mettre dans la case du bas à droite « devrait vivre de noix, fruit et verdures », est donc un raccourci malhonnête.

Sur la question de l’omnivorisme, je vous renvoie à cet article qui traite du sujet plus en détail : l’Homme est-il omnivore ?

« Un monde végane éradiquera la faim dans le monde »

On produirait aujourd’hui assez pour nourrir l’humanité [3]. Pourtant, un enfant continue de mourir de faim toutes les 5 secondes. La faim n’est donc pas tant un problème de production, mais de répartition des ressources, c’est la première chose à comprendre. La viande contribue pour beaucoup à cette mauvaise répartition : 2/3 des terres agricoles dans le monde sont consacrées à l’élevage ou à la production d’aliments pour le bétail [2] et 40% de la production de céréales irait aux animaux d’élevage [4]. On entend alors qu’il suffirait de nourrir les humain.es plutôt que les animaux d’élevage pour endiguer la faim dans le monde, selon la logique suivante: En théorie, l’idée est séduisante. Dans les faits, vous imaginez bien que c’est beaucoup plus complexe. Selon Jean Ziegler (rapporteur spécial des Nations unies pour le droit à l’alimentation de 2001 à 2008), les grands responsables de la faim dans le monde sont triples :

  • la spéculation sur les denrées agricoles. Comme on spécule sur le cours du pétrole, on spécule aussi sur le cours des aliments. Cela aboutit à des situations dramatiques où des personnes vivant en situation de pauvreté n’ont simplement plus les moyens d’acheter de quoi se nourrir. C’est pourquoi Ziegler prend position pour une approche interventionniste des états qui garantirait un revenu minimal aux paysans (qui représentent paradoxalement près de la moitié des victimes de la faim [5])
  • le dumping agricole : les denrées agricoles des pays d’Europe et des Etats-Unis issues d’exploitations modernisées sont lourdement subventionnées, puis exportées à très bon marché vers des pays asiatiques, africains, sud-américains. Comment voulez-vous ensuite qu’un petit paysan ne possédant pas de tracteur et ne bénéficiant pas de subvention puisse leur faire concurrence ? C’est David versus Goliath.
  • la production d’agrocarburants, une pratique qui consiste à brûler des denrées alimentaires pour produire des carburants comme le biodiesel ou le bioéthanol.

Le problème de la faim est donc fondamentalement géopolitique. Si le monde devenait végane sans qu’on ne joue sur aucun des trois leviers précédents, la faim dans le monde réduirait certes, mais ne serait pas éradiquée. Le véganisme n’est donc pas une réponse toute faîte au problème de la faim dans le monde. Cependant, il est bien évidemment indéniable qu’une transition vers une alimentation végétale permettrait d’aller dans le bon sens et serait un des moyens de lutter contre la faim dans le monde. De fait :

  • cela permettrait une répartition plus équitable des denrées, puisque pour obtenir 1kg de bœuf il faut 7kg de protéines végétales, 6kg pour poulets et les cochons, et de 3 kg pour les œufs [2],
  • des économistes ont estimé qu’une baisse de la production de viande entraînerait une baisse du cours mondial des denrées végétales. [6]

Mon propos ici n’est donc pas de nier l’impact positif d’une telle transition, mais d’insister qu’elle n’est pas une réponse suffisante à un problème géopolitique si complexe qui dépend beaucoup du système financier en place.

« Il faut 15 000 litres d’eau pour produire un kilo de bœuf »

Qu’est-ce que j’ai pu l’utiliser cet argument ! Pourtant, il me semble assez fallacieux. De fait, pour calculer la quantité d’eau nécessaire à la production d’un aliment, on additionne 3 catégories d’eau : l’eau bleue (=l’eau douce des nappes phréatiques, des rivières, etc), l’eau verte (=l’eau de pluie) et l’eau grise (=l’eau nécessaire pour absorber les polluants générés lors de la production). Dans le cas des 15 000 litres qu’on aime rappeler à tout bout de champ, plus de 90% provient de l’eau verte, càd de l’eau de pluie. Si on prend uniquement l’eau bleue et l’eau grise, le chiffre diminue de beaucoup, comme on le voit sur le tableau suivant:

Source : viande-info (https://www.viande.info/elevage-viande-ressources-eau-pollution)

On remarque qu’à l’exception du lait, les protéines animales restent plus gourmande en eau bleue + grise que les protéines végétales. Il est donc important de continuer à parler de l’impact de l’élevage sur les ressources en eau, mais probablement pas en ces termes aussi simplistes.

A noter accessoirement qu’en utilisant cet argument de 15 000 L, cela peut encourager une personne soucieuse de son impact écologique à se détourner de la viande de boeuf pour une viande moins gourmande en eau, comme le poulet. Auquel cas on ne fait donc que déplacer le problème, voire même l’aggraver (combien de poules faut-il tuer pour arriver à l’équivalent d’un boeuf?)

« On ne peut pas être écolo si on n’est pas végane »

Vous avez sûrement vu des visuels du type « il vaut mieux un végane qui roule en 4×4 qu’un omnivore à vélo », puisque l’élevage produit plus de gaz à effet de serre que les transports. Ces visuels ont une utilité car ils vulgarisent certaines données qui sont ainsi mieux retenues. Le revers de la médaille, c’est qu’ils simplifient énormément (parfois trop) l’information. Dans l’exemple précédent, quelqu’un.e qui ne prendrait pas la peine de s’informer plus en détail, déduirait de cette seule donnée qu’une personne végane est moins néfaste pour la planète qu’une personne écolo qui mange parfois de la viande. Ce qui n’est pas forcément vrai puisqu’il y a de nombreux facteurs à prendre en compte.

S’il est indéniable que la consommation actuelle de produits animaux a un impact désastreux sur la planète, l’alimentation n’est pas l’unique composante de notre impact sur l’environnement. L’énergie, les déchets, les transports, l’habillement y sont aussi pour beaucoup par exemple. Il me semble donc important de garder en tête que notre impact écologique n’est pas forcément meilleur que celui du voisin juste parce que nous ne mangeons pas de viande. Certes, une personne qui se dit écolo et mange de la viande tous les jours se voile la face et n’est effectivement pas écolo pour un sou. En revanche une personne qui se déplace en transports en commun, ne prend pas l’avion, mange local et de saison, cuisine zéro déchet, et à une consommation limitée de viande (par exemple une fois par semaine) peut tout à fait être écolo. Affirmer le contraire serait de mauvaise foi.

Aussi, je trouverais ça particulièrement mal venu de ma part d’aller dire à cette personne que je suis plus écolo qu’elle car « bah tu manges de la viande et moi pas ». Je prends l’avion, ne consomme pas toujours local ou de saison et suis encore loin du zéro déchet. Je ne vois pas comment mon discours pourrait être crédible ou audible. Attention, je ne dis pas que le fait d’être faillible doit nous dissuader d’informer. En revanche, puisque nous reconnaissons notre propre faillibilité sur certains sujets, reconnaissons là aussi chez les autres. Je ne suis pas une végane parfaite, comment attendre de quelqu’un.e qu’il ou elle soit un.e écolo parfaite ? La Police Végane me sort par les yeux, ce n’est pas pour me faire la voix de la Police Ecolo. Entendons-nous bien, je ne trouve aucun argument valable permettant de justifier la consommation de viande d’un point de vue éthique. D’un point de vue en revanche uniquement environnemental, une faible consommation de viande n’est pas incompatible avec la préservation de la planète. Je trouve donc le discours « un écolo non végane n’est pas un écolo » caricatural. Il existe des écolos qui mangent peu de viande, comme il existe des véganes qui ne sont pas écolos. Et au milieu, une masse de personnes pour qui les deux sujets sont liés et qui font du mieux qu’elles peuvent pour avancer sur les deux fronts.

De manière générale, je trouve les arguments promouvant le véganisme avec un angle écologique très efficaces pour inciter les écolos à diminuer leur consommation de viande (ce qui est déjà bon à prendre!), mais pas assez pertinents ou suffisants pour les inciter à arrêter complètement. Aborder l’angle éthique de la consommation de viande peut alors être complémentaire pour informer sur le respect du vivant.

« Boire du lait n’est pas naturel »

L’argument est que puisque l’espèce humaine est la seule à continuer à boire du lait une fois adulte, qui plus est d’une autre espèce, alors ce n’est pas naturel. Bon, cet argument (comme tous les autres invoquant que ce n’est « pas naturel ») n’est là encore pas pertinent, puisque de nos jours, peu de choses que nous faisons sont « naturelles », et ne se retrouvent pas chez les autres espèces. Les méthodes de contraception ne sont pas naturelles. Internet non plus. Les simili carne non plus. Nous sommes la seule espèce à nous vêtir. La seule aussi à cuire nos aliments. La seule encore à faire nos courses dans des magasins. Bref, si on refuse tout ce qui n’est « pas naturel », on peut retourner vivre à l’âge de pierre. In fine, nous disposons de nombreux arguments éthiques et écologiques bien plus pertinents pour dénoncer l’industrie du lait.

De plus, nous-mêmes refusons la pertinence de l’argument « il est naturel de manger de la viande, c’est la chaîne alimentaire ». A juste titre puisque nous expliquons à notre interlocuteur ou interlocutrice que si le lion mange la gazelle par instinct, l’espèce humaine a le choix. On se doit d’être cohérent.e et ne pas non plus utiliser cet argument, ça marche dans les deux sens, pas seulement quand ça nous arrange !

J’en profite pour faire ici mon mea culpa car j’ai utilisé cet argument au début de l’existence de ce blog (j’y avais même consacré un article – j’ai un peu honte – que j’ai retiré depuis que je me suis rendue compte de sa non pertinence).

« Les vaches sont violées » et « l’Holocauste des animaux »

Le viol des vaches d’abord. Une tournure qui m’a toujours gênée, mais que j’ai pourtant beaucoup vue et entendue. Le viol n’est pas juste une question de pénétration non consentie. Il s’agit d’un rapport sexuel non consenti qui s’inscrit dans un contexte social et culturel particulier : la personne qui commet le viol (souvent un homme) cherche à exercer une domination sur sa victime (souvent une femme), comme l’explique très bien cet article.

Le producteur de lait qui insémine une vache ne cherche pas à avoir un rapport sexuel non consenti avec la vache pour appuyer sa domination sur elle. Il cherche à rentabiliser une « marchandise ». La pratique n’en reste pas moins condamnable, mais la logique dans laquelle elle s’inscrit est complètement différente : elle relève ici d’un impératif économique. Comparer le producteur à un violeur juste pour choquer les esprits est contre-productif et non nécessaire (j’insiste, nous disposons d’assez d’arguments qu’il est inutile de verser dans le sensationalisme).

Cet exemple n’est malheureusement pas le seul. Qui n’a pas entendu parler de l’Holocauste des animaux par exemple ? Ici aussi le parallèle n’est pas pertinent. Les génocides cherchent à exterminer un groupe de personne sur la base de la religion, l’ethnie, l’orientation sexuelle, etc. Il y a une dimension idéologique nourrie par la haine qu’on ne retrouve pas dans l’exploitation animale. Cette dernière ne cherche pas à éliminer consciemment une espèce, puisque les animaux sont justement des produits de rendement. Là encore, la logique est économique.

Campagne de PeTa « L’Holocauste dans votre assiette », qui conduit à hierarchiser les oppressions. Traduction: « pendant 7 ans entre 1938 et 1945, 12 millions de personnes sont mortes durant l’Holocauste. Le même nombre d’animaux est tué toutes les 4 heures aux Etats-Unis dans l’industrie alimentaire ».

Ce détournement de termes empruntés à d’autres luttes sociales est problématique, malgré les similitudes qu’elles peuvent revêtir. D’une il nuit à ces mouvements en invisibilisant leurs spécificités (on se rappelle encore le tollé suscité –à juste titre- suite à l’annonce d’une association animaliste de faire une action pour l’abolition du statut de propriété des animaux le 10 mai, journée de commémoration de la traite, de l’esclavage et de leur abolition). De deux, il nuit également au mouvement animaliste en le désingularisant tout autant. [7]

Bottom line is : s’il est intéressant de comparer les luttes et notamment les stratégies ayant permis de les faire avancer, il est crucial de ne pas oublier que chaque lutte sociale a des spécificités. On ne peut pas légitimement chercher à faire avancer une lutte sociale tout en empiétant sur une autre. De même qu’on ne peut dénoncer une oppression tout en en encourageant une autre, (comme l’a par exemple fait par le passé PeTa –encore elle- avec certaines campagnes de pubs sexistes); cela n’a pas de sens.

Faire face au biais de confirmation

J’en ai terminé de ces quelques exemples, mais il en existe probablement d’autres. Il ne s’agit pas de se fouetter pour avoir utiliser certains de ces exemples par le passé, on est tous et toutes passé.es par là (devinez qui s’est fait tatouer une phrase avec « l’Holocauste des Animaux »? Ahem). Prendre conscience de son propre biais de confirmation permet de mieux y faire face. Dans cette optique je partage quelques techniques qui m’ont personnellement beaucoup aidée à me remettre en question et avoir un discours plus rigoureux :

  • Informez vous et faîtes des recherches complémentaires en cas de doute. Notamment, lisez différents auteurs et points de vue (même les détracteurs comme Interbev et la FNSEA).
  • Vérifiez les sources, et méfiez-vous quand elles ne sont pas indiquées. Récemment, j’ai vu passer « source : internet » en-dessous d’un visuel pro-végane. Allons, ce n’est pas sérieux.
  • Souvenez-vous qu’un visuel n’est pas une preuve, on peut faire dire tout et n’importe quoi aux photos prises hors de leur contexte.
  • Et surtout, le conseil le plus important que je puisse vous donner, c’est de rester ouvert.e d’esprit et prêt.e à accueillir d’autres points de vue sans vous sentir agressé.e. C’est d’autant plus le cas me semble-t-il sur les questions environnementales qui sont complexes. En ce sens, j’ai beaucoup appris et continue d’apprendre grâce à des discussions avec des ingénieurs agronomes qui ont une connaissance technique que je n’ai pas.
Véganisme et biais de confirmation: ces arguments qu'on ne devrait plus utiliser. Click To Tweet

Ps: une petite note pour dire que j’ai entamé un travail de correction (et même parfois de suppression) des articles de ce blog depuis plusieurs mois afin de proposer une information toujours plus rigoureuse et -je l’espère- de qualité. C’est un travail long et fastidieux, mais nécessaire afin de ne pas fournir des informations erronées. Cette mise à jour prenant du temps, il n’est donc pas impossible que certains des points mentionnés ici se retrouvent encore dans de vieux articles, auquel cas n’hésitez pas à me le signaler.

Pour aller plus loin:

Sources:

[1] https://www.futura-sciences.com/planete/dossiers/zoologie-chimpanze-grand-singe-menace-1867/page/4/ [2] https://www.viande.info/elevage-viande-sous-alimentation [3] http://www.slate.fr/life/83985/agriculture-production-nourrir-monde [4] http://www.globalagriculture.org/report-topics/meat-and-animal-feed.html [5] World Food Programme : http://fr.wfp.org/faim/qui-sont-ceux-qui-ont-faim [6] https://www.viande.info/elevage-viande-sous-alimentation [7] Conférence d’Ophélie Véron « Défendre les Animaux: Etats des lieux et réflexions stratégiques »

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48 Comments

  1. 1

    Bravo et merci pour cet article très complet et que j’ai trouvé passionnant ! Il fait réfléchir sur ces différents arguments, tout en étant bienveillant.

  2. 3

    Merci pour cet article qui me fait à la fois prendre conscience de la valeur de ces arguments (dont j’ai amplement usé à de nombreuses reprises) et me fait réfléchir à mes propres valeurs. C’est très enrichissant de lire ça, vraiment.

  3. 5

    Pas mieux comme cure de detox pour le cerveau. Merci et bravo pour cet article.
    Meilleurs voeux pour 2018.
    Anne-Catherine Dumont

  4. 7
  5. 9

    Cet article est passionnant ! C’est tellement intéressant de lire tes écrits !

    Au final (ou « in fine » comme tu le dis si bien), le seul argument valable et non démontable pour le véganisme, le seul qu’on ne peut pas contrer, c’est l’éthique. Tout le reste peut être sujet à débat (ou « suffire » pour le végétarisme ou le flexitarisme par exemple). Et en même temps c’est le plus complexe et difficile à appréhender… Ça porte à réflexion en tous cas !

    P.S. : je pense que tu voulais dire « traite » des esclaves, et non « traire » ? 😉

    • 10
    • 11

      En réalité, on peut débattre de l’éthique, dans le sens où, comme pour l’idéologie, c’est un concept purement humain et personnel (Mon éthique à moi par exemple se base sur la communication humaine-végétal (les autres animaux n’ayant pas l’air d’y faire très attention, en dehors des cas de symbiose 😉 ), de même que, même si la définition du specisme reste la même, la vision de celui-ci est différente du racisme/sexisme, car, de mon point de vue du moins, le spécisme est le mécanisme de survie de l’espèce (Ce que ne sont pas les deux autres, car même espèce) et la prise en compte des différences spécifiques entre les espèces.

      Je prends votre point sur le boeuf : oui, il faut beaucoup de protéines végétales pour en produire moins en protéines animales… Si on ne compte pas l’herbe/le foin/la paille/le surplus de l’exploitation humaine/les déchets de l’industrie agroalimentaire (entre 5 et 15 % de l’alimentation dans un élevage non industriel est comestible par l’homme [y compris pour la poule et le porc avec une alimentation plus «traditionnel» et le fait que, contrairement aux plantes, l’on peut tout manger chez l’animal (Même les os et les organes, d’ailleurs, il n’y a pas que la viande (qui, par définition, est un morceau de chair ou de muscle prélevé sur un animal), )et que ce qui n’est pas utiliser pour ça l’est pour se vêtir (La laine et le miel n’exploite pas les moutons et les abeilles, c’est plutôt de l’ordre de la symbiose, comme tout ce qui touche au vivant, y compris le mode de prédation de l’humain étant donné que les espèces à être «exploitées» y trouve avantage dans leur (sur)vie, bien que grâce à nous elle ne survive plus mais vive!

      Oui, je suis welfariste, pour cause de santé et d’éthique (les deux se reliant d’ailleurs), mais je dois dire que quand on a des croyances assez… Particulière et une vision du monde l’étant tout autant, on n’a énormément de mal à s’exprimer. (Surtout en rajoutant les difficultés de l’autisme… Donc bon. Si on avait un primitiviste (niveau croyances, surtout!) dans le coin, ça m’aiderait parce que les miennes s’en rapproche sur les fondements…)

      Question totalement HS : vous avez une idée d’où on peut aller si on veut qu’un autre animal nous mange à sa mort? Parce que les cimetières, c’est plus trot ça… Et que oui, je mange des animaux, mais je veux que d’autres animaux puissent manger mon corps, parce que sinon je ne mangerai rien du tout (même pas des plantes, vu que d’une certaine façon elles aussi se nourrissent des animaux)

      • 12

        Je ne sais pas du tout répondre à votre question de fin, mais j’imagine qu’une fois mort, seuls les charognards vous mangeraient, les carnivores se nourrissant de viande qu’ils attrapent vivante. Sinon il y a ça: https://www.ted.com/talks/jae_rhim_lee
        Je rebondis juste sur votre phrase de départ concernant le fait que l’éthique est un concept purement humain et personnel. Pas vraiment non. Dans ce cas on peut justifier un paquet de choses « mon éthique à moi c’est que j’aime tuer des vieux » ou « mon éthique à moi c’est que j’aime torturer des souris ». C’est l’éthique qui nous permet ensuite d’ériger des valeurs morales. En ce sens, c’est une discipline philosophique, qui évolue certes au cours du temps, mais qu’on ne peut pas juste qualifier de « personnelle ».

  6. 13

    Cet article est vraiment bien fourni et excellent ! Il y aussi un biais que j’ai remarqué, c’est le fait que l’alimentation vegan est parfaite et amène tous les nutriments nécessaires. Sauf qu’on est tous différents et que si tu es allergique aux oléagineux, à tendance à faire de l’anémie, ce n’est pas si simple…

    • 14

      PS : Je ne remets pas du tout en cause l’alimentation végétalienne, je suis 100% convaincu, qu’elle est suffissante. Simplement, la généralité qu’elle serait idéale pour tout le monde, ce n’est pas si simple encore une fois par rapport notamment aux allergies ou aux carences que certaines personnes peuvent avoir.

    • 15

      Merci Aurore. Effectivement, sur la santé aussi on a tendance à généraliser notre propre vécu sur les autres, sans prendre en compte certaines allergies / intolérances / déserts alimentaires (il est plus facile de manger végane à Paris qu’au fin fond de la campagne), etc.

  7. 16

    whaou, impeccable, bravo et merci. Je garde ton article sous le coude pour aller lire les liens complémentaires quand j’aurai un peu plus de temps.

  8. 17

    Très complet et enrichissant comme article, merci 😍 !
    Tout n’est pas blanc ou noir dans le véganisme et il est important selon moi de voir les écueils du mouvement. Le véganisme n’est pas un principe fini, il évolue en permanence ce qui fait qu’il est plus à même de convaincre dans le temps, puisque nous n’hésitons pas à revenir ou à approfondir nos positions.
    J’avoue avoir de plus en plus de mal ces derniers temps avec les positions fermées. De plus, lorsque je discute du mouvement avec des non-véganes, bien qu’il y est quelques maladresses dans leurs propos, j’ai toujours tendance à répondre sans jugement en expliquant que je suis toujours en réflexion sur mon véganisme.
    Au passage, je te souhaite une belle année 😉

  9. 19

    Que de félicitations, même si le biais d’interprétation de posture intellectuelle « différent de  » que vous utilisez, veut se justifier par la nécessité d’un argumentaire « factuel » irréprochable.

    Dire « vrai », ne veut pas dire « juste ».
    Malgré le bons sens indéniable de votre argumentaire, je ne peux y souscrire à 100%. Ce serait oublier que nous sommes dans une guerre de propagandes et que les zoophages n’ont que faire de la « réalité » ou de la « véracité » de leurs arguments. Votre développement semble confondre « droit dans ses bottes » par une véracité des arguments utilisés dans une propagande pro végane avec l’alignement indispensable entre les pensées et les actes que réclame ce même véganisme.

    Faire ce que l’on dit et dire la vérité ne sont pas équivalent et encore moins interchangeables. Est-ce qu’une métaphore doit refléter une exacte vérité pour être crédible ? Vous semblez l’affirmer, en feignant d’ignorer qu’une métaphore est justement une transposition d’une réalité dans une autre permettant non pas d’affirmer une vérité mais de faire le passage d’un paradigme à un autre.

    Pourquoi faudrait-il n’utiliser que des arguments factuellement irréprochables, par leur vérité absolue ? Sachant que même la science s’autorise à penser que les vérités qu’elle défend peuvent être contredites ultérieurement. Et ceux, face à des intellects dans le dénie et donc le mensonge à eux-mêmes, les zoophages ? Sans vous en rendre compte vous glissez là vers une soumission, voire une allégeance à nos opposants, en vous soumettant à ce qu’ils exigent alors qu’ils ne le pratiquent pas eux-mêmes, d’argumenté sur du vrai et du vérifiable. La vérité absolue n’existe pas et ne peut donc servir comme levier primaire au changement ! Je vous concède que votre souci de vérité est tout à votre honneur dans le principe, mais toxique dans ses effets. Et c’est là où tous les zoophage vous remercieront quand chaque végane se posera la question de la vérité absolue de chacun de ses arguments.

    Mais la seule vérité absolue du véganisme, qui élimine tous les autres critères vrais ou faux est qu’il est insupportable d’engendrer et de soutenir un système qui se nourrit de souffrances. Et que le plus grand combat du véganisme n’est pas d’affirmer une vérité argumentaire, mais de faire le passage d’un zoophagisme suffisant, aveugle comme ego-centré, vers un système de croyances et de valeurs où les souffrances provoquées et volontaires seront définitivement exclue parce que devenues totalement et clairement insensées.

    • 20

      Bonjour Pierre,
      J’ai relu plusieurs fois votre commentaire, et je dois vous avouer ne toujours pas être sure d’en avoir compris l’essence. J’ai l’impression que votre propos se résume dans les grandes lignes à « puisque l’autre camp utilise la propagande / des faits fallacieux, alors quel mal y a-t-il à ce que nous aussi?  » Auquel cas, la question revient à : la fin justifie-t-elle les moyens? On pourrait en débattre pendant des heures! Mais pour faire court: personnellement je pense qu’on peut arriver à nos fins par d’autres moyens. Ces vérités approximatives (ou mêmes fausses) me paraissent contre productives si 1/ elles antagonisent l’audience qu’on cherche justement à sensibiliser, et 2/ nous décrédibilisent (on ne peut pas critiquer le manque de rigueur de l’autre camp, leur approximation, etc. et puis ensuite faire la même chose).
      Bonne journée,
      ps: je ne sais pas comment nous sommes passer d’un questionnement sur les biais de confirmation à la recherche de la vérité absolue que je ne prétends nullement posséder ^^

  10. 21

    Bravo ! D abord pour ce travail de remise en question … ce n est pas facile ! Ensuite pour le mea culpa… encore moins facile, enfin parce que c est très courageux comme position.
    Merci!! d abord parce qu en effet je n arrivais pas à utiliser ces arguments sereinement et je culpabilisais donc j evitais à tout prix les débats à ce sujet, ensuite, parce que la police vegan me fatigue, enfin, il est temps de faire avancer le débat et d’expliquer autrement nos choix: OU PAS ! On a pas toujours besoin d’expliquer … bref je suis devenue vege par souci écologique puis vegan par souci du bien être animal. Voilà tout ..très très bon article .

    • 22

      Merci pour ce gentil retour Virginie. Je ne sais pas si je mérite tant de compliments, cette remise en question m’apparaît logique et saine aussi (ça fait avancer!). Pour ce qui est d’expliquer ces choix, je pense que pour les militant.es, cela fait partie du quotidien. Parfois je n’ai pas envie d’expliquer, et puis finalement je le fais quand même systématiquement si on me demande, car c’est une manière de planter une graine de réflexion, et je me dis que cela peut aider les animaux à mon échelle 🙂 J’ai l’impression que la plupart des véganes que je côtoie ont une démarche similaire, mais effectivement, je peux comprendre que ce ne soit pas le cas de véganes non militant.es par exemple ! Bonne journée,

  11. 23

    Merci pour cet article très intéressant et documenté, ce fut un plaisir de te lire.
    Et bien d’accord que ce fichu biais de confirmation nous arrange bien souvent. Comme pour le fait qu’il est plus facile d’être vegan à Paris que chez moi…J’y arrive évidemment mais je n’ai pas accès à beaucoup de produits.
    Et puis, je déteste l’intolérance, l’éducation sera la seule voix il me semble pour changer en profondeur la société.
    Je te souhaite une belle année avec plein de jolis projets.

    • 24

      Oui tout à fait, il faut prendre en compte la réalité de chaque personne: il y a bcp plus d’options veganes dans les grandes villes que dans les campagnes, tout du moins pour qqn qui cherche par exemple des simili, faire des sorties au resto de temps en temps, etc. etc. Après je me dis qu’inversement, l’intolérance perçue par des personnes mangeant de la viande / des POA n’en est pas forcément. Parfois ce sont justement ces personnes qui se confortent dans leurs propres biais. Très bonne année à toi aussi 🙂

  12. 25

    Bonsoir, tees interssant mais a noter que le panda est de la famille des ursides et avait une alimentation omnivore ( d ou ses dents) il arrive qu il mange des .carcasses. Je vous conseil egalleent d elire un eternel treblinka de Charles Patterson.. je pense que ce n est pas pour rien que le plus gros pourcentage de vegetariens se trouve en israel..

  13. 27

    Super article avec lequel je suis entièrement d’accord ! Moi aussi j’utilisais beaucoup l’argument du lait (et même des canines !) quand je suis devenue vegan. Je crois que les milieux crudi / frugivores n’aident pas là-dedans…
    Pour l’holocauste et le viol, c’est exactement ce qu’a expliqué Ophélie Véron lors d’une conférence à Paris en décembre et c’est ce qui m’a fait changer d’avis à ce sujet. Elle souligne aussi que ça a un double effet de désingularisation, qui nuit aussi bien à la cause animale et aux autres mouvements. Tu étais aussi là à la même conférence ? (je ne l’ai pas vue dans tes sources)
    Je découvre depuis quelques semaines en tout cas ton blog, que j’aime beaucoup !

    • 28

      Hello Johanna, merci pour ton retour.
      On était à la même conférence 🙂 (je viens juste d’en faire un mini CR sur twitter d’ailleurs! https://twitter.com/Madame_Carotte/status/949030369768198145). J’avais déjà lu pas mal de choses sur la problématique du détournement de ces termes -en particulier sur le viol des vaches-, mais effectivement Ophélie explique particulièrement bien le pourquoi du comment. Malheureusement sa conférence n’a pas été filmée, sinon je l’aurais ajoutée avec plaisir en sources, elle pourrait bénéficier à beaucoup de personnes. En revanche, si tu as en tête des articles qu’elle a écrit sur le sujet, n’hésites pas à me le dire, je peux les ajouter dans la rubrique « pour aller plus loin ».
      A bientôt,
      Aurélia

  14. 29

    Quel article documenté ! Merci de m’éclairer sur ces arguments un peu pourris ! Mais ce n’est pas simple d’en sortir !
    Je dois justifier mes choix au quotidien !

    • 30

      Je t’en prie! Tu verras qu’avec le temps, ton discours s’affûtera et que ce qui te paraît être aujourd’hui des justifications deviendront davantage des explications, sans forcément chercher l’approbation de la personne en face de toi. Tu plantes une graine de reflexion à chaque fois, c’est déjà ça 🙂

  15. 31

    Salut!
    Super article bravo!
    Concernant l’argument sur la consommation d’eau: je trouve un peu rapide de négliger toute information sur l’eau verte (pluie) nécessaire pour les cultures, c’est pas comme si la pluie était une ressource abondante, partout, tout le temps… non? Qu’en penses-tu?

    • 32

      Salut Fred, oui c’est pas faux 🙂
      Je ne suis vraiment pas spécialiste de la question, disons que je soulignais surtout l’amalgame suscité par l’annonce de 15 000 litres (qui, pour la plupart des gens, sera comprise comme « de l’eau qu’on peut boire », comme celle des nappes phréatiques). A noter cependant que contrairement à l’eau bleue qu’on apporte en sus, l’eau de pluie continuera de tomber, que ce soit pour l’élevage ou la culture de céréales (par exemple). Il serait alors intéressant de savoir avec une même quantité d’eau de pluie, combien de viande vs céréales / légumineuses / autres on pourrait produire.

  16. 33

    C’est un article vraiment excellent !
    Je ne suis pas vegan mais j’essaye le plus possible de limiter ma consommation de viande et de produits animaux dans un souci éthique et environnemental et ce genre d’articles m’intéresse énormément. Je trouve que c’est un sujet très compliqué et tout en nuance qui mérite que l’on se pose des questions, que l’on apprenne à écouter les autres et tolérer les différents points de vue. Malheureusement, j’ai du mal à trouver cela sur le net (je ne vais peut être pas chercher où il faut).

    Alors un grand merci !

  17. 34

    Aucun Singe ne consomme plus de 30% d’animaux ; mais surtout, le biais de l’article c’est de n’avoir pas lu la définition d’omnivore ; être vegan ça n’est pas changer de groupe zoologique mais de régime alimentaire ; être vegan c’est rester omnivore mais plus/pas zoophage 🙂 et quelle idée de se comparer à un Singe 😉 c’est un biais de comparaison.

    « Homo Sapiens est un humain omnivore, végétarien ou zoophage » https://fr.wikipedia.org/wiki/Homo_sapiens#R.C3.A9gime_alimentaire

    Quant à l’eau, c’est un cycle, il n’y en a pas plusieurs sortes, non !
    L’écologie c’est une logique, manger des animaux n’étant pas nécessaire et même dommageable – d’autant plus à 7 milliards d’individus – non il n’est pas possible de se prétendre écologiste et zoophage ! #DissonanceCognitive
    etc… article pour flexitarien complexé !

    • 35

      « Le biais de l’article est de n’avoir pas lu la définition d’omnivore » -> heu, t’es sûr que tu as lu l’article? c’est précisément ce que je dis: nous sommes omnivores, puisque nous pouvons manger de la viande, ce qui ne veut pas dire que nous devrions. Nuance de taille. J’y ai même consacré un article entier, allez, c’est cadeau: http://www.la-carotte-masquee.com/lhomme-est-il-omnivore/

      Pour l’eau, tu m’excuseras d’apporter davantage de crédit au site viande-info (de L214) qu’à toi…
      Enfin, quant à être écolo, encore une fois manger de la viande n’est pas le seul critère pour savoir si qqn est ou non écolo. Il y a une multitude de facteurs. Une personne zéro déchet, se déplaçant à pieds ou à vélo, se chauffant peu, et mangeant de la viande une fois par semaine ou une fois toutes les 2 semaines, tu vas me dire qu’elle n’est pas écolo? Ethiquement parlant, je ne défends pas du tout cette position, mais environnementalement parlant, cela est possible et veut simplement dire que cette personne pourrait « encore mieux faire ». Si tu recherches l’infaillibilité sur tout, alors toi-même tu es bien évidemment un végane parfait qui est aussi zéro déchet, mange uniquement local, ne consomme jamais de produits avec de l’huile de palme, etc. etc ?
      Bref, je te conseille vraiment d’ouvrir un peu plus ton esprit, le mouvement animaliste y gagnerait. On peut défendre le véganisme autrement et plus intelligemment qu’en utilisant toutes sortes d’arguments jsute parce qu’ils vont dans notre sens.

      • 36

        L’article s’ouvre avec « Les « omnivores » (je suis mal à l’aise avec le terme carniste) le font tout le temps » ce qui m’apparaît faire une distinction d’avec le régime végétarien du vegan (d’où mon rappel, vegan = omnivore)

        L’eau qu’elle soit de pluie, de source, minérale ou de l’Océan, reste la même eau ; quel intérêt de faire la distinction sinon pour prétendre « oh c’est de l’eau de pluie, vas-y laisse toi aller au gaspillage » 😉

        Oui la personne qui consomme de la chair 1 ou 2 fois par semaine ne sera pas écolo. ; elle passe à côté du concept de la logique éco vs ego ; elle consomme énormément plus d’eau que la personne qui a les mêmes activités sans consommations d’animaux.
        Oui, tout le monde peut faire mieux, d’ailleurs le vegan à vélo ça existe aussi 🙂

        Ça n’est pas mon ouverture d’esprit qui fait la consommation des autres 😉 ça aussi c’est un biais façon ad hominem :s

        • 37

          La précision entre parenthèse est justement là pour indiquer que j’ai conscience que nous sommes tous / toutes omnivores, mais que je décide d’utiliser ce terme pour désigner les personnes qui mangent de la viande en place de carniste, par souci de clarté. A priori, la formulation n’était donc pas claire pour tout le monde, et mériterait certainement d’être clarifiée.

          Pour l’eau il y a bien une différence en fonction de sa provenance. Contrairement à l’eau bleue qu’on apporte en sus, l’eau de pluie continuera de tomber sur un champ, que celui-ci soit utilisé pour l’élevage ou la culture de céréales (par exemple). Cela ne signifie pas « allons y gaiement pour gaspiller l’eau de pluie », mon propos visait à remettre en contexte et souligner l’amalgame qui existe autour de ce chiffre. Comme je le souligne par ailleurs, les POA restent plus consommateurs d’eau grise + bleue.

          Bien sûr que le vegan à vélo existe aussi, les deux approches sont étroitement liées. Mais enfin, nous avons tous une marge de progression, véganes ou écolos, pour réduire notre empreinte sur la planète. Pour les véganes cela passera certainement par leur façon de vivre au quotidien, et pour les écolos sur l’empreinte carbonne de leur assiette. D’un point de vue purement environnemental (je ne parle pas ici d’éthique), faut-il mieux un végane qui ne mange que des choses industrielles suremballées venant de l’autre bout du monde, ou un écolo zéro déchet locavore qui mange occasionnellement de la viande? Tout n’est pas aussi noir ou blanc.

  18. 38

    Le mot « carnisme » est très clair et approprié, donc à utiliser 🙂 et s’il est peu connu, il se doit de l’être ; tout le monde gagne au partage des connaissances 🙂 https://fr.wikipedia.org/wiki/Carnisme – Manger du cadavre est une déviance – Toward Rational, Authentic Food Choices | Melanie Joy | TED https://www.youtube.com/watch?v=o0VrZPBskpg – The Secrets of Food Marketing | Kate Kooper https://www.youtube.com/watch?v=mKTORFmMycQ

    La provenance de l’eau importe peu (c’est un cycle), seule la quantité importe ; et l’argument fallacieux serait de prétendre que grâce aux animaux qu’on fait naître pour les tuer, il existe des prairies donc des puits de carbone, c’est un biais sacrément pervers !

    Oui il vaut mieux un vegan qui consomme plus emballé que n’importe quel carniste même occasionnel ; encore un biais de comparaison : la vie d’autrui VS un type de consommation peu écologique !

  19. 39

    Chouette article, merci ! Je rejoins la plupart de tes arguments, mais j’ai quand même une certaine réserve concernant la partie sur l’holocauste. Même si je suis convaincu qu’on devrait s’abstenir de mettre cette comparaison en avant (pour des raisons stratégiques), ça ne signifie pas qu’elle est conceptuellement mauvaise. Tu écris que cette comparaison est boiteuse parce que les animaux sont tués pour des motifs économiques plutôt que pour « une idéologie nourrie par la haine ». Mais le fait que les motifs soient différents n’est pas particulièrement pertinent ici : ce qui est comparé, c’est l’industrialisation de la mort, ainsi que les mécanismes oppressifs et l’aveuglement idéologique qui conduisent des gens normaux à perpétrer les pires horreurs sans en avoir vraiment conscience.

    Je pense que la principale (et peut-être seule) raison de rejeter cette comparaison est spéciste. Si, dans un obscur futur, on découvrait que dans un pays lointain la coutume était de consommer massivement de la viande humaine (d’une autre ethnie par exemple), et que cela passait par des élevages d’humains reliés à des abattoirs, personne ne songerait à critiquer la comparaison qu’on ferait tout naturellement avec les camps d’extermination que nous avons nous-mêmes connus. Alors que ce qui gêne réellement, dans notre cas, c’est de comparer le calvaire subi par des animaux au calvaire subi par des humains.

    Bref, sur l’essentiel on est d’accord, ces considérations ne devraient pas sortir des cercles de réflexion militants. Mais la distinction « pertinence conceptuelle »/« pertinence stratégique/politique » est tout de même importante. 😉

    Je recommande aussi chaudement ce témoignage d’Alex Hershaft (ça dure 2 min 56 et il y a des sous-titres) : https://www.youtube.com/watch?v=05wVe5QbBCU

    • 40

      Salut Vlavv,
      Merci pour ton retour et ta vidéo. Je vois tout à fait ce que tu veux dire avec la notion de distinction entre pertinence conceptuelle / pertinence stratégique. C’est bien dit.
      Après, je reste de l’avis que la comparaison avec l’Holocauste n’est pas pertinente, ni stratégiquement (pour des raisons évidentes), ni conceptuellement. Je te rejoins certes tout à fait sur le parallèle qu’on peut établir sur le point spécifique de l’industrialisation de la mort, pas de doute là-dessus. En revanche, là où je diffère de ton point de vue, c’est sur le parallèle entre idéologie carniste / idéologie nazie. Les nazis ne sont pas nés nazis, mais le sont devenus. A l’inverse, 99% (?) de la société est carniste. Je ne sais pas si mon propos est très clair, je te copie colle ici un extrait d’un article de la Fédération Végane qui expliquera mon point de vue un peu mieux :
      « Cultivant l’analogie avec les termes raciste et sexiste, cet activisme sert à condamner « l’autre » moralement, mais pour une discrimination dont personne ne s’est rendu coupable, puisque la consommation de produits d’origine animale est une condition nutritionnelle héritée [ici l’article fait référence au fait qu’avant la découverte de la B12, le véganisme n’était pas envisageable]. Le racisme n’a jamais été une nécessité, pas plus que le sexisme. Au-delà des amalgames, le public ne s’identifie pas aux revendications exagérées. »
      (article complet ici: https://www.federationvegane.fr/documentation/pourquoi-etre-vegane/specisme-antispecisme-et-carnisme/ – je ne suis pas d’accord avec l’intégralité de l’article, mais trouve certains passages très justes)

      • 41

        Merci de ta réponse. Cet article me surprend un peu (son auteur est végane et *anti-*antispéciste ?), mais je suppose que ce n’est pas la question. ^^ En tout cas, je vois ce que tu veux dire, mais là encore je ne suis pas convaincu que cette distinction (la façon dont l’attitude discriminatoire est apparue) enlève vraiment quelque chose à la pertinence de la comparaison (les conséquences de cette discrimination sur ses victimes). Je pense à cette citation de Cavanna :

        « Tout le monde est d’accord pour dire que les Juifs ont été traités par les Nazis comme des animaux… et paradoxalement tout le monde refuse de faire en sorte que les animaux cessent d’être traités de la sorte ! […] Alors écoutez voir. Dire qu’à Auschwitz les hommes étaient traités comme des bêtes, ça reflète la réalité ? Ça ne choque personne ? Bien d’accord ? Donc, il faut que la réciproque soit vraie, sans quoi la comparaison ne fonctionne pas. La réciproque est : les animaux élevés en batterie sont traités comme les hommes l’étaient à Auschwitz. Il n’y a là aucune intention de dénigrer, de minimiser, surtout pas d’insulter. Seulement un sursaut d’horreur, une immense pitié pour TOUTES les victimes de toutes les saloperies. Et si ça vous choque, c’est que vous sacralisez l’homme, c’est-à-dire votre propre espèce – l’image de Dieu ! –, et méprisez tout ce qui n’est pas l’homme. »

        Bonne soirée.

        • 42

          Re! pardon pour mon délai de réponse. Oui le ton de l’article m’a moi aussi surprise venant de la fédération végane mais bon.. (c’est pourquoi je précisais que je ne suis pas d’accord avec tout).
          Intéressante la citation de Cavana. De mon côté, ce n’est pas forcément faire preuve d’anthropomorphisme que de prendre en compte un contexte social particulier dans lequel une discrimination / oppression naît. A ce titre, on pourrait très bien proposer un terme spécifique pour l’exploitation animale, pour en désigner la spécificité et l’ampleur (par exemple).

          Petite parenthèse: je me demandais, si tu acceptes la comparaison avec l’Holocauste, pour quelle raison tu refuses alors celles avec le viol ou l’esclavage? (puisque tu disais dans ton premier commentaire si je me souviens bien que pour le viol tu trouvais effectivement que la comparaison ne tenait pas). Merci !

  20. 45

    « Les nazis ne sont pas nés nazis, mais le sont devenus. » De même que notre espèce est naturellement végétarienne et n’a ajouté la zoophagie (charognard) que lorsque cela s’est avéré « nécessaire » (migrations) et surtout lorsque les outils et particulièrement la cuisson, l’ont permise (puis la chasse et l’élevage, et son lots de problèmes jusqu’à aujourd’hui).
    Les enfants – comme la population qui a mis le nazisme au pouvoir – a été endoctrinée, dès le bas-age (jeunesse hitlériennes et propagande de masse). Le végétarisme n’a pas attendu la synthèse de la B12 pour l’être 😉 (nous le sommes naturellement), par-contre, puisque nous vivons hors naturels depuis peu, nous n’avons plus accès à cette vitamine à sa source (consommation de tubercules et autres produits des sols), aussi la supplémentation est nécessaire, comme pour les autres animaux « urbanisés ». Le fait de ne pas comparer à l’holocauste est simplement de l’auto-censure du fait des pressions d’un groupe sectaire organisé qui s’accapare tout les sujets qui peuvent êtres exploités pour rappeler un fait historique.

    • 46

      Deux remarques sur cette phrase: « « Les nazis ne sont pas nés nazis, mais le sont devenus. » De même que notre espèce est naturellement végétarienne »
      – Qu’entends-tu par espèce? L’Homo Sapiens est omnivore. Sur l’australopithèque, les avis divergent.
      – Je ne pense pas qu’il soit pertinent de comparer l’évolution sur des centaines de milliers d’années avec un endoctrinement idéologique sur quelques dizaines d’années. Je ne vois pas le rapport ?

  21. 47

    Super article, merci.
    Concernant la comparaison avec l’Holocauste, ça me pose question. D’un côté je suis d’accord mais d’un autre côté : quel tort cause t-on réellement à l’employer ? Est-ce que le bénéfice qu’on en retire (choquer les esprits, faire prendre conscience du l’échelle du massacre, etc.) n’est pas supérieur au côté négatif ? Et finalement, est-ce qu’il ne faudrait pas d’abord bien le définir ce côté négatif, pour « peser » la balance ? Autant pour le viol, c’est limpide : la culture du viol est actuelle, invisibilisée, etc. Donc la comparaison porte un grand préjudice aux victimes. Mais pour l’Holocauste ça me semble moins évident, dans le sens où c’est un crime bien reconnu, accepté comme tel par la société etc.
    Je ne prétends pas avoir de réponse catégorique sur le sujet… Mais on constate une réelle difficulté à alerter l’opinion publique sur l’horreur de l’exploitation animale, sans employer les termes qui vont parler aux masses.

    • 48

      hello Joachim,
      C’est une très bonne question, je n’ai pas la réponse non plus. C’est clairement une reflexion sur le conséquentialisme, et de manière générale sur l’efficacité des stratégies militantes.
      J’aurais tendance à croire de par mon expérience personnelle (et j’ai bien conscience que celle-ci n’est pas nécessairement généralisable) que cette comparaison choque dans un mauvais sens et tend à renforcer l’image négative du véganisme (difficile d’influencer qqn positivement ensuite!). Je soulignerais aussi que l’avancée du véganisme en France doit par exemple beaucoup à L214, qui n’est jamais tombée dans ce genre de comparaison, preuve s’il en est qu’on peut informer (ou même choquer) différement, en décrivant simplement la réalité de l’élevage et la production de viande.

      Enfin, n’oublions pas les levées de boucliers que la comparaison avec l’Holocauste suscite au sein des communautés ayant été victimes de la Shoah: on a tendance à mettre en avant les auteurs ou survivants qui acceptent ou revendiquent cette comparaison, mais il n’est pas inintéressant de prendre en compte les voix (bien plus nombreuses) qui à l’inverse s’y opposent, et comprendre pourquoi elles s’y opposent.

      Il y aurait certainement bcp plus à dire sur la question. Tu peux peut-être creuser le sujet sur le blog de T punch insurrectionnel qui évoque souvent ces questions de comparaison des oppressions (https://tpunchintersectionnel.wordpress.com/) + cette conf d’Ophélie Véron (à 8’30 en particulier elle aborde la question des comparaisons entre luttes sociales: https://www.youtube.com/watch?v=RY2QSCGvmVk&index=6&list=PLfvPah52owPRayo6mseiQDzZPgIsh6pt7)

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