Mythe #4: Le véganisme est une religion

Les végans seraient ils partis en croisade contre les omnivores ?

Nombreux sont les végans (et moi la 1ère) qui considèrent comme étant de leur devoir d’informer le plus grand nombre sur les coulisses de l’industrie de la viande. Et à trop vouloir convaincre, les vegans peuvent apparaître comme les nouveaux évangélistes, se sentant investis d’une mission de « prêcher la bonne parole » et de « convertir » ces pauvres omnivores à un mode de vie végan absout de toute souffrance animale.

La comparaison avec la religion est donc vite faite, d’autant qu’un mode de vie végan comprend des règles strictes de ce qu’on peut ou non consommer, un peu comme dans certaines religions finalement (kasher, halal, etc.).

Mais… la comparaison avec la religion s’arrête aux apparences.

Les vegans sont des êtres rationnels (oui je vous assure)

Si la religion repose sur la croyance et la foi, le véganisme s’appuie sur un savoir et des faits. Et c’est là toute la différence. Un croyant croit en un Dieu, dont l’existence est par définition indémontrable. Le végan, à l’inverse, a une approche très rationnelle. Pas d’écritures saintes ou d’église, il s’appuie sur des chiffres, des études, des statistiques pour étayer sa réflexion. Notamment :

  1. L’industrie de la viande est néfaste pour la planète, et pas qu’un peu : émission de gaz à effet de serre (la 1ère cause, devant les transports), déforestation, appauvrissement des sols, pollution des sols, etc. (ce ne sont pas les chiffres qui manquent, pour plus de détails, rendez-vous ici, ou bien prenez 4 minutes pour regarder cette vidéo du Monde pour comprendre le vrai poids de la viande dans l’environnement.
  2. La biologie, la neurologie, l’éthologie, etc. sont des sciences qui ont prouvé que les animaux ressentent la douleur et peuvent éprouver des émotions comme la joie ou la peur. Il n’est pas question de sensiblerie ici, ce n’est pas moi, Aurélia, qui le dis, ce sont des scientifiques tout à fait reconnus.
  3. Plus de 800 millions d’humains souffrent de malnutrition dans le monde et 1 enfant meurt de faim toutes les 5 secondes. A côté de ça, on utilise 70% des terres à usage agricole pour l’élevage – terres qui pourraient servir à produire des céréales pour les humains. Belle logique.
  4. Un régime végétalien est tout à fait viable et nous permet de vivre en bonne santé. Et même plus : il serait bon pour la santé et permettrait de prévenir de nombreuses maladie. Là encore, c’est la science qui le dit, à commencer par l’American Dietetic Asssociation (qui regroupe plus de 70 000 nutritionnistes). Il suffit de s’informer un peu sur la nutrition et de varier et équilibrer en conséquence ses repas.

A ce stade, on se dirait que toute personne rationnelle arrêterait de manger de la viande, ou au minimum, en réduirait sa consommation illico presto. Rien de religieux là dedans, c’est seulement adopter une attitude responsable face à une nécessité –sinon morale-, au moins environnementale et citoyenne.

 

Et pourtant…

Cependant, de mon expérience, c’est rarement le cas. La moitié a été perdue en cours de route « non non non, tais toi, je veux pas savoir ». Il ne faudrait surtout pas que la vérité altère le goût de leur steak.

L’autre moitié, qui aura au moins eu la politesse d’écouter, ne souhaite pas vraiment se remettre en question. Le scénario classique c’est qu’une fois épuisés les arguments classiques du type « c’est la chaîne alimentaire », « les végés ont des carences », « les protéines c’est que dans la viande », etc. on en vient alors au cœur du problème : « la viande c’est trop bon ».

Autrement dit, tu passes 15 minutes à expliquer par A+B que l’industrie agro-alimentaire est une cause directe de dégradation de l’environnement, d’aggravation de la faim dans le monde et de souffrance pour des milliards d’animaux au quotidien alors que l’Homme peut se passer de viande pour survivre ; et la conclusion c’est « j’aime trop la viande ». Et ça passe vraiment mal, d’où de vives disputes qui peuvent éclater et l’impression que les végétariens sont butés et n’acceptent pas qu’on ne pense pas comme eux. Je m’excuse donc au nom des végés / végans si on peut alors paraître agressif, mais pour que vous vous fassiez une idée, voici ce qu’on comprend: «  5 minutes de mon plaisir gustatif pour une tranche de jambon, c’est plus important que la destruction de la planète et une vie de souffrance pour les animaux, sorry ! ». Et on se dit que c’est sacrément égoïste.

Heureusement, il y a aussi une minorité qui ose se remettre en question et permet de faire bouger les choses (si tu prends la peine de me lire, tu en fais certainement partie). Il n’y a plus qu’à ce que cette minorité devienne majoritaire !

 

Bref, rien de dogmatique dans le véganisme, mais au contraire une démarche réfléchie et rationnelle.

 

La Carotte Masquee

You May Also Like

Laisser un commentaire

Your email address will not be published. Required fields are marked *

You may use these HTML tags and attributes: <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <s> <strike> <strong>