Interview avec Marc Giraud, naturaliste et auteur de « La Nature au fil des saisons » [Livre]

Le nom de Marc Giraud vous dit-il quelque chose? Auteur, naturaliste, porte-parole de l’ASPAS (association pour la protection des animaux sauvages), Marc Giraud a plusieurs casquettes. Parmi ses ouvrages sur la nature, j’aimerais vous en présenter un en particulier : La Nature au fil des saisons. « Au fil des saisons » car le livre se présente sous la forme d’un almanach illustré. A chaque mois, une quinzaine de pages nous permettent de percer quelques secrets de la nature et d’en savoir un peu plus sur la faune et de la flore à ce mois-ci de l’année.

Un livre coup de coeur

La Nature au fil des saisons recèle d’anecdotes en tout genre sur le monde animal et végétal, dont je me suis délectée : parades amoureuses, comportements sociaux, capacité cognitives, interdépendance entre espèces animales et végétales, etc. L’ouvrage donne aussi des conseils pour observer les animaux en forêt de manière respectueuse, et propose de jeux à faire avec les enfants. Pour moi qui m’intéresse de plus en plus à l’éthologie, cet ouvrage est une véritable mine d’or ! J’ai ainsi appris :

  • Comment reconnaître des espèces qui se ressemblent : chamois ou bouquetin ? hermine ou belette ? lièvre ou lapin ? criquet ou sauterelle ?
  • A quoi ressemble la parade de séduction du pigeon
  • Que les oiseaux voient les ultra-violets
  • Qu’il ne faut pas se faire pipi dessus en cas de piqûre de méduse (merci F.R.I.E.N.D.S), mais au contraire mettre de l’eau de mer
  • Que les dauphins aiment jouer au foot avec des éponges ou d’autres créatures marines
  • Que les lézards possèdent deux sexes, pouvant utiliser l’un ou l’autre au gré de leur envie
  • Que les limaces ne sont pas forcément dépourvues de coquilles
  • Qu’observer un phoque dans la Loire ou la Garonne n’a en fait rien d’anormal
  • Que des cas d’homosexualité ont été recensés chez 450 espèces

La Nature au fil des saisons n’est pas un livre qui se lit d’une traite, mais plutôt un ouvrage qu’on prend plaisir à picorer chaque mois, à emporter lors de balades en forêts, ou encore à offrir, notamment à des enfants, puisque le ton blagueur et les nombreuses illustrations rendent la lecture particulièrement agréable et accessible.

 

Rencontre avec Marc Giraud

Dans le cadre d’une balade organisée par les éditions Allary au Jardin des Plantes, j’ai eu l’opportunité de rencontrer Marc Giraud. Oreilles tendues et jumelles en main, ce-dernier nous a guidé.es à la découvertes de quelques espèces audibles ou visibles du Jardin des Plantes. Suite à cette visite, Marc Giraud a eu la gentillesse de répondre à quelques questions que je me posais sur son métier de naturaliste, son engagement auprès de l’ASPAS ou encore son point de vue sur l’antispécisme. Je le remercie vivement pour ses réponses aussi détaillées que passionnantes.

J’ai ainsi appris que la canne avait plusieurs canaux d’utérus, lui permettant de choisir le mâle qui la fécondera. Et oui Monsieur!

J’ai aussi vu une poule d’eau pour la première fois!

 

Marc, pouvez-vous nous dire en quoi consiste votre métier de naturaliste et comment vous l’êtes devenu?

Par définition un naturaliste est un spécialiste de la nature. C’est vaste, mais ça me va : tout ce qui vit m’intéresse. Naturaliste je le suis depuis toujours, c’est une passion d’enfance. Le métier, lui, est venu petit à petit. Ma première activité d’illustrateur animalier m’a permis d’entrer dans des médias de presse et d’édition, puis j’ai écrit des articles. Ce sont mes actions bénévoles qui m’ont propulsé à la télévision : l’ASPAS (Association pour la protection des animaux sauvages) envoyait des œufs de coccinelles aux jardiniers pour qu’ils éliminent les pucerons sans avoir recours aux pesticides. Ça a intéressé Christophe Dechavanne, il m’a invité dans son émission « Coucou c’est nous », qui faisait un tabac, et ça lui a plu. Nous avons collaboré pendant près de trois ans, puis sont venues d’autres émissions télé et radio. Aujourd’hui j’assure des chroniques animalières dans « A la bonne heure » sur RTL aux côtés de Stéphane Bern. Il aime beaucoup les animaux, ça colle !

 

Qu’est-ce que vous préférez dans votre métier?

Le contraste ! D’abord, mes plongées intenses dans la nature, seul, serein, à l’écoute du vivant. C’est là que je me ressource, que je puise mes connaissances, mes sensations et certainement ma solidité. Et puis l’autre partie, plus « showbiz », apparemment plus superficielle, mais qui me donne le bonheur de transmettre la voix de la nature à un maximum de personnes, de les toucher dans leur propre sensibilité aux animaux. C’est une sorte de mission.

Du coup, les deux activités se mêlent étrangement. Quand je me promène sur le terrain je suis déjà un peu dans un prochain livre, par exemple, et si je feuillette un de mes livres c’est un peu comme une balade dans la nature. J’espère qu’il en est de même pour le lecteur, qui va se retrouver transporté sur le terrain, à observer lui aussi la vie sauvage.

 

Avez-vous constaté en France une perte de la biodiversité au fil des années ?

Oh là oui ! L’image la plus saisissante concerne les insectes. Quand j’étais petit, au cours d’un simple déplacement en voiture, le pare-brise se couvrait rapidement d’une purée d’insectes écrasés. Pour un long voyage, il fallait s’arrêter régulièrement pour tout nettoyer. Aujourd’hui, le quadrillage mortel de toutes ces routes, s’ajoutant aux effets nocifs des pesticides, font qu’il ne reste plus que quelques fantômes négligeables de la faune passée. Foncez les voitures, les gêneurs ont disparu… On n’imagine même pas la richesse que l’on a perdue. Autre exemple : enfant j’observais des nuées de papillons inimaginables aujourd’hui.

En revanche (soyons positifs), il était autrefois peu fréquent d’observer des rapaces ou des hérons. Grâce aux lois de protection, qui ont un peu freiné les excités de la gâchette, ces oiseaux sont revenus ! Et avec eux, les loutres, les castors ou même les loups, et bientôt d’autres espèces comme le chacal, déjà à nos portes…

 

Comment chacun.e de nous peut-il ou elle agir pour préserver la biodiversité au quotidien?

C’est très simple : si vous ne savez pas quoi faire vous-même, adhérez à une association. Ainsi, vous donnez du poids aux protecteurs. Les bulletins de l’association vous tiennent au courant des enjeux de l’écologie, et vous donnent des pistes d’actions. Une fois que l’on est dans le bain, il y a toujours à faire ! Vous pouvez donner de votre argent, de votre temps, de ce que vous pouvez. A l’ASPAS, nous proposons d’acquérir des « parts de vie sauvage » : en achetant un morceau de terrain, vous nous permettez d’augmenter la surface de nos Réserves de vie sauvage®. Nous en avons déjà acquis plusieurs centaines d’hectares, que nous avons délivrés de toute exploitation mercantile.

Sur le terrain, l’action concrète la plus évidente pour moi est le sauvetage des crapauds au printemps, lorsque leurs migrations nuptiales les conduisent à traverser des routes, et à se faire écraser. Aucune protection n’est entreprise au niveau national, c’est à chacun de veiller localement à ce qu’il peut faire.

Au quotidien, il y a bien sûr nos actes d’achat, qui sont des bulletins de vote. Consommer bio, par exemple, c’est bon au goût, c’est bon pour la santé, et c’est bon pour l’environnement et donc pour la flore et la faune. De plus, on encourage une filière de paysans respectueux de leur travail et des autres, et on influence le marché. Pas mal !

 

Pourquoi avoir voulu écrire La Nature au fil des saisons?

L’idée a jailli d’une discussion avec la grande éditrice Nicole Lattès et Guillaume Allary, le fondateur d’Allary Éditions. Nous cherchions un projet nature familial et convivial, et je leur ai proposé cette idée d’almanach truffé d’infos, de ruses de terrain, de conseils, de jeux, de recettes, etc. J’aime bien passer par l’humour ou l’aspect ludique pour communiquer sur la nature, nous en avons tous besoin. Les dessins drôles de Gilles Macagno se sont donc mariés aux remarquables planches naturalistes de François Desbordes, à qui l’on doit cette magnifique couverture. Grâce à leur talent, le résultat est à la hauteur de nos attentes. Comme d’habitude, je parle d’espèces de proximité, que tout le monde peut observer, avec un vocabulaire accessible, de façon que chacun puisse expérimenter ce que je propose : surtout pas du chiantifique !

Nous sommes de plus en plus déconnecté.es de la nature. Quels sont vos conseils pour ceux et celles qui souhaitent s’y reconnecter?

Promenez-vous dans les bois, les parcs, les jardins, partout en plein air ! Nul besoin d’être agrégé de sciences de la vie ou de connaître des noms latins pour apprécier une balade à la campagne, donc perdez tout complexe sur des connaissances que vous n’avez pas : là n’est pas l’important. L’essentiel est ce que vous ressentez, le plaisir intense d’être dehors, de respirer un bon air, d’apprécier le chant déstressant des oiseaux… bref, de sentir la vie palpiter !

Mon conseil serait juste de vous arrêter de temps en temps, et de vous mettre à l’écoute. Quand on marche sans arrêt, on fait fuir les gros animaux, et on ne prend pas le temps de se pencher sur les petits. S’arrêter, c’est redevenir attentif, retrouver un rythme naturel, se reconnecter. Et ça n’est pas très difficile !

 

Comment peut-on éduquer les enfants et futures générations à respecter la nature et le vivant?

En les emmenant dehors, justement, et en leur montrant la beauté et la fragilité des choses. Il ne s’agit pas de donner des leçons de morale, mais plutôt de les laisser apprécier la valeur de ce qui les entoure, de leur montrer comment voir les animaux, reconnaître leurs traces, comment collecter des trésors. Les enfants ont un grand sens de la justice. Une fois qu’ils auront rencontré et apprécié par eux-mêmes la vie sauvage, ils détesteront tout ce qui sera susceptible de lui nuire.

Pour ceux qui peuvent se permettre d’avoir un chien ou un chat à la maison, l’animal est un véritable pédagogue à quatre pattes. Il oblige l’enfant à entrer dans son monde, à être patient pour le comprendre. Il lui apprend aussi le respect de la différence, il l’ouvre au monde. Une étude canadienne a montré que dans les familles où l’on ne respectait pas les animaux, les enfants avaient plus tendance à être racistes. Tout est lié !

 

Vous qui emmenez souvent des classes primaires dans la nature, comment les enfants réagissent-ils et elles au contact de la nature? Se prennent-ils et elles aux jeux proposés dans l’ouvrage?

Bien que je n’aie plus beaucoup de temps pour des sorties, j’aime toujours en faire avec des enfants. Dans la nature, ils sont chez eux, comme moi. Les enseignants qui les accompagnent sont parfois surpris du comportement de supposés « cancres », qui se révèlent soudain curieux, vifs, raisonneurs, passionnés.

Je vous conseillerais bien le livre Pour une école buissonnière de Louis Espinassous, biologiste et éducateur, qui a constaté toute sa carrière les bienfaits irremplaçables du plein air sur les enfants. On ne peut pas parler de la nature sans y aller. La nature, c’est l’éveil des sens. Dans La nature au fil des saisons, je propose des jeux d’éveil que les enfants adorent, et qui les marquent physiquement et durablement. Rien que fermer les yeux, palper l’écorce d’un arbre, compter les stridulations d’insectes différentes dans la nuit, etc., changent notre manière de percevoir ce qui nous entoure.

 

Le livre propose chaque mois une recette de saison végétalienne. Pourquoi avoir choisi de mettre en avant la cuisine végétale ?

Les recettes végétaliennes, c’est de la sensibilisation, et c’est un pas en avant ! La sensibilité à la souffrance animale ne fait pas toujours partie de l’approche scientifique, dont on connaît les excès en la matière. Ça me hérisse de constater que des spécialistes des hyménoptères, par exemple, passent encore leur temps à « collecter des spécimens » (c’est-à-dire à les tuer) pour échanger leurs trésors de guerre, et se délecter devant des espèces rares. Même Fabre détestait cette manière d’épingler des insectes morts, et c’est lui qui a fait avancer la science en observant les animaux vivants. J’aime aussi Darwin parce qu’il était antispéciste avant l’heure, sensible à toutes les souffrances, ce dont on parle peu : c’est pourtant, entre autres, cette ouverture d’esprit à tout ce qui est vivant, sans préjugé, qui lui a permis d’élaborer sa théorie de l’évolution. Passionné de chasse dans son enfance, il a fini par poser son fusil.

De mon côté j’ai baigné dans une culture naturaliste et scientifique, et si je n’ai jamais aimé la chasse, ni la violence portée aux animaux, de par mon entourage j’avais peu d’information sur le sort des animaux de boucherie. Depuis, j’évolue, je fais de plus en plus attention à éviter les produits animaux, mais j’avoue ne pas être parfait. Cependant, je transmets les mêmes valeurs, et je suis toujours fier d’évoquer le végétarisme dans un grand média peu concerné par la chose. Ça me permet de contrecarrer ce discours stupide mais fréquent, qui prétend que le végétarisme est une mode. Ça m’énerve, car c’est de la désinformation : être végane n’est pas facile, c’est un sacrifice au quotidien, et ça mérite le respect.

Comment percevez-vous l’antispécisme comme idéologie incitant à un plus grand respect des animaux non-humains?

La réponse est dans la question : les idéologies de respect des animaux, comme l’antispécisme, font avancer la cause animale (notons que dans ce combat, l’animal sauvage est souvent le grand oublié de l’histoire). Le véganisme en est une application concrète, radicale et logique, mais il ne concerne qu’une petite partie de la population. Ces mouvements sont en pleine évolution dans le monde, et même s’ils restent minoritaires aujourd’hui, ils provoquent de fortes réactions. Les lobbies veillent, désinforment, sabotent. Ils sont assez puissants pour menacer les militants d’amendes tellement exorbitantes qu’ils sont capables de casser des associations ou des manifestations. L’enjeu est de taille, car il a des implications économiques, et que c’est la rentabilité qui prime sur le vivant. Mais l’évolution est en cours, et le public est de plus sensibilisé à la cause animale. Le tout jeune parti animaliste français a d’ailleurs fait un score honorable aux élections législatives !

Le communicant que je suis sait que les idées ne passent qu’avec une bonne communication. Si je comprends la colère de certains véganes face aux carnivores, je suis toujours navré quand ça tourne à l’agression. Ça a un effet répulsif, contre-productif, qui ne fait pas progresser le mouvement. Au contraire, j’ai souvent suivi des débats avec Brigitte Gothière (L214), et j’ai toujours admiré son calme face à l’adversité. Brigitte Gothière transmet une image forte et positive des défenseurs des animaux, que l’on a envie de suivre, elle absorbe l’agressivité, et elle fait avancer les choses. L214 contribue à faire évoluer la société, tout comme nous à l’ASPAS dans notre domaine : aujourd’hui on ne compte plus en France qu’un million de chasseurs, et le double de végétariens !

 

Que répondriez-vous aux personnes affirmant que l’espèce humaine est un prédateur comme les autres et que les destructions des écosystèmes dont elle est la cause ne sont finalement qu’une évolution naturelle des choses ?

Prédateur, prédateur, c’est quasi flatteur ! Je dirais plutôt destructeur en effet, et ce n’est pas du tout la même chose ! Dans la nature, le prédateur est rare, bien plus rare que ses proies, et même si c’est rude, il joue un rôle sanitaire et participe à l’équilibre général.

Dans notre civilisation, l’être humain s’est voulu supérieur à la nature, il se pense en dehors d’elle, et surtout il se croit tout permis. Ce qu’il fait n’a rien de naturel, puisqu’il ne tient plus compte du fonctionnement de la nature. Malgré les effets boomerang de son inconscience (réchauffement climatique, pollutions, explosion des cancers, etc.), l’humanité fonce dans le mur. Bizarre, pour une espèce supérieurement intelligente…

 

Marc, vous êtes également porte-parole de l’ASPAS et auteur du livre « Comment se promener dans les bois sans se faire tirer dessus ? » Vous devez être dans le collimateur du lobby de la chasse non?

Oh oui, et j’en suis honoré ! On ne choisit pas toujours ses amis, mais je peux être fier de mériter mes ennemis ! Comment se promener dans les bois sans se faire tirer dessus a été écrit en collaboration avec les juristes de l’ASPAS, super compétentes et fortes d’une belle expérience. Cet ouvrage n’est pas un livre d’opinion, il relate juste des faits irréfutables sur le fonctionnement et les abus d’un lobby. Mais les chasseurs font encore peur aux journalistes, qui ont fait peu de promo de ce livre. J’ai néanmoins été invité dans « La Grande émission » sur Canal+ pour en parler, j’ai par exemple rappelé qu’en France, chasser bourré est légal. Les chasseurs se sont déchaînés. Le président de la Fédération nationale de la chasse en personne a menacé le président du groupe de Canal (qui diffuse aussi « Seasons ») de désabonnements en masse, et a juré de m’attaquer en diffamation. Ça n’a pas été le cas, puisque que ce que j’avançais est vrai. Les débats sur le loup provoquent la même agressivité de la part des éleveurs, qui ne m’aiment pas beaucoup non plus…

Heureusement, porter la parole de l’ASPAS est bien plus positif et enthousiasmant que ces polémiques sans issue. Cela fait plus de 30 ans que j’y suis un bénévole actif et impliqué, et que je vois avancer la cause : entre autres, nous avons déjà sauvé plus de 500 000 animaux dits « nuisibles » ! Donner un peu de mon temps pour ça, je le dois bien à la nature…

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👉 Pour commander La Nature au Fil Des Saisons, je vous invite à vous rendre soit en librairie afin de soutenir le commerce local, ou bien à commander sur le site de Décitre (en passant par ce lien, cela soutient ce blog – j’en parle plus en détail ici).

👉 Ce livre m’a été envoyée gratuitement par Allary Editions (une petite maison d’éditions qui publie des romans et des auteurs engagés comme par exemple Matthieu Ricard). Je tiens à souligner que cela n’a pas impacté mon impartialité quant à la revue de cet ouvrage; je n’en aurais pas changé une ligne si je l’avais acheté moi-même tellement je me suis régalé de sa lecture! Je mets en effet un point d’honneur à garder l’indépendance de ce blog.

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